holocauste nazi

Genre : Horreur, gore, trash, extrême, érotique, "Nazisploitation" (interdit aux - 18 ans au moment de sa sortie, interdit aux - 16 ans aujourd'hui)
Année : 1977
Durée : 1h26

Synopsis : (1) En Italie, durant la Seconde Guerre mondiale. Les Nazis traquent des partisans italiens réfugiés dans les montagnes. Pour obtenir des informations, les Allemands séquestrent des femmes dans un château où elles sont torturées par la doctoresse et l'officier SS Ellen Kratsch. A l'intérieur de l'édifice, des tortures innommables sont menées sur les prisonniers sous son commandement. Belle et perverse, elle jouit des sévices qu'elle impose à ses victimes tout en menant en parallèle une expérience scientifique. Ses recherches l'ont conduite à transformer un cobaye en monstre hybride, mi-homme mi-singe. Afin de faire parler ses prisonnières, elle n'hésite pas à les enfermer dans sa cage où la créature les viole puis les dévore. Pendant ce temps, un groupe de partisans s'apprête à attaquer le château (1).

 

La critique :

Retour à la "Nazisploitation", l'un des sous-registres du cinéma bis et d'exploitation ! Vous l'avez sans doute renâclé, supputé, voire subodoré. Depuis quelques temps, Cinéma Choc vous propose derechef quelques productions licencieuses issues de la "Nazisploitation". A tort ou à raison, c'est souvent le film Portier de Nuit (Liliana Cavani, 1974) qui acte et officialise la naissance de ce genre délictueux et impudent. Pourtant, le long-métrage de Liliana Cavani reste avant tout un drame à la fois mélancolique, austère et mortifère qui mérite par ailleurs les plébiscites, ainsi que les concerts de louanges. 
En raison de succès impromptu et de son sujet pour le moins spinescent, Portier de Nuit inspire et engendre toute une pléthore d'épigones. Certains producteurs et réalisateurs avides et mercantilistes y voient surtout l'opportunité de dévoyer le beau film de Liliana Cavani via toute une kyrielle de bacchanales, d'ignominies et d'impudicités itérées à satiété. 

Salo ou les 120 Journées de Sodome (Pier Paolo Pasolini, 1975), qui sort un an après, connaît - peu ou prou - le même sortilège. A l'instar de Portier de Nuit, Salo ou les 120 Journées de Sodome ne partage, nonobstant certaines contiguïtés matoises, que peu d'accointances avec la "Nazisploitation". Ce film testament de Pier Paolo Pasolini reste avant tout une critique au vitriol sur la nature humaine, le metteur en scène italien crachant toute sa bile à la face du monde. Que soit. Les exactions, les avanies et les vilenies du Troisième Reich deviennent le nouveau filon (si j'ose dire...) de la "Nazisploitation". En outre, ce genre outrecuidant va devenir l'un des principaux apanages du cinéma bis transalpin, à l'exception de quelques pellicules notables et éventuellement notoires. 
Même certains réalisateurs français, notamment Alain Payet, s'aventureront sur les divagations luxurieuses du Troisième Reich.

51JHEJw1YiL

 

Que ce soit la saga Ilsa (Ilsa - La louve des SS, Ilsa - La gardienne du Harem, Ilsa - La Tigresse du Goulag et Greta - La Tortionnaire de Wrede), Elsa Fraülein SS (Mark Stern, 1977), ou encore Les déportées de la section spéciale SS (Rino di Silvestro, 1976), toutes ces productions factieuses et indécentes ne sont, in fine, que des palimpsestes soudoyés de Portier de Nuit et de Salo ou les 120 Journées de Sodome. Souvent imité et jamais égalé. Telle est la scansion dogmatique à retenir... Autant l'annoncer sans ambages. Les bons films de genre sont rares, hormis Salon Kitty (Tinto Brass, 1976), ainsi que les deux premiers épisodes de la saga Ilsa (dans une moindre mesure...). Pour le reste, les longs-métrages honorables se comptent sur les doigts atrophiés de la main. 
On pouvait donc légitimement se montrer circonspect devant Holocauste Nazi - Armes Secrètes du IIIe Reich, réalisé par la diligence (hum...) de Luigi Batzella en 1977.

Le cinéaste transalpin est un véritable parangon du cinéma bis puisqu'on lui doit des oeuvres telles que Pour Jango les salauds ont un prix (1971), Les âmes damnées de Rio Chico (1971), Les vierges de la pleine lune (1973), Les tigres du désert (1977) et La Guerre du pétrole (1979). A l'aune de cette filmographie, il n'est guère surprenant de retrouver Luigi Batzella derrière un pur produit de la "Nazisploitation", très en vogue durant la décennie 1970. En outre, Holocauste Nazi - Armes Secrètes du IIIe Reich jouit d'une réputation sulfureuse.
Tout d'abord, le film a écopé de l'ultime réprobation, soit d'une interdiction aux moins de 18 ans au moment de son exploitation en salles (uniquement en Italie, par ailleurs...). Cette animadversion sera minorée à postériori pour passer à une "simple" (si j'ose dire...) interdiction aux moins de 16 ans aujourd'hui.

téléchargement (3)

 

En sus, le métrage de Luigi Batzella est réputé pour être le film le plus pervers, fallacieux et sadique de la "Nazisploitation". Même la saga "Ilsa" fait office de franchise doucereuse et croquignolette. Tout du moins, c'est ce que prétendent certains laudateurs de la "Nazisploitation". Reste à savoir si Holocauste Nazi justifie - ou non - sa réputation ignominieuse. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... Pour l'anecdote superfétatoire, Holocauste Nazi a été exploité sous plusieurs substantifs alternatifs, notamment Hell Camp, La Bestia in Calore (soit le titre originel du film), The Beast in Heat, Horrifying Experiments in the Last Days of the SS ou encore SS Experiment Camp 2. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Holocauste Nazi ne remporte pas l'unanimité des suffrages puisque le film a carrément écopé d'une chronique sarcastique sur le site Nanarland (Source : https://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-holocaustenazi-holocauste-nazi--armes-secretes-du-iiieme-reich.html).

Paradoxalement, la "Nazisploitation" n'a jamais été réputée pour son entregent ni sa bienséance. Evidemment, Holocauste Nazi ne déroge pas à la règle. La distribution du film se compose de Salvatore Baccaro, Brad Harris, Macha Magall, Xiro Papas, Gino Turini et Edilio Kim. Attention, SPOILERS ! (1) En Italie, durant la Seconde Guerre mondiale. Les Nazis traquent des partisans italiens réfugiés dans les montagnes. Pour obtenir des informations, les Allemands séquestrent des femmes dans un château où elles sont torturées par la doctoresse et l'officier SS Ellen Kratsch. A l'intérieur de l'édifice, des tortures innommables sont menées sur les prisonniers sous son commandement.
Belle et perverse, elle jouit des sévices qu'elle impose à ses victimes tout en menant en parallèle une expérience scientifique. 

téléchargement (4)

Ses recherches l'ont conduite à transformer un cobaye en monstre hybride, mi-homme mi-singe. Afin de faire parler ses prisonnières, elle n'hésite pas à les enfermer dans sa cage où la créature les viole puis les dévore. Pendant ce temps, un groupe de partisans s'apprête à attaquer le château (1). Dès son préambule, Holocauste Nazi a le mérite de présenter doctement les inimitiés. Une jeune femme entièrement dévêtue est séquestrée dans une cellule. Elle devient alors la proie et la victime d'un homme-gorille. Ce dernier, nanti de pulsions satyriasiques, la viole et la dévore sous le regard hilare de ses tortionnaires. La suite du film tergiversera incessamment entre le film de guerre subsidiaire et le pur produit de "Nazisploitation". En résumé, tous les ingrédients du sadisme et la turpitude sont coalisés et amalgamés durant une heure et 25 minutes (1h26 pour être précis...).

Toutes les vilenies, bassesses et impudicités sont ici regroupées pour satisfaire les aficionados de la "Nazisploitation". Indiscutablement, ces derniers seront en terrain connu et quasiment conquis, à condition de faire fi de la vacuité et de l'inanité du scénario. Même au niveau de la mise en scène, Luigi Batzella, en fidèle tâcheron du cinéma bis, nous gratifie de séquences de stock-shots. Quant aux acteurs, au mieux, ils cabotinent sévère. Mention spéciale à Macha Magall qui mime et psalmodie à outrance la piètre performance de Dyanne Thorne dans la saga Ilsa. Car oui, Holocauste Nazi bouffe un peu... beaucoup... Enormément à tous les râteliers.
Le film emprunte... Copie... Pardon... duplique à satiété les servilités déjà professées dans Ilsa, la louve des SS (bis repetita), Portier de Nuit, Salon Kitty et même Salo ou les 120 Journées de Sodome
Hélas, et vous vous en doutez, la métaphore s'arrête bien là. Pis, le trash s'imbrique dans le funambulesque lorsque le film dérive dans cette pléiade de viols et de bacchanales à travers les infamies de son fameux homme-gorille ! Oui, pour certains contempteurs, Holocauste Nazi fera office de "nanar" avarié et écervelé. A contrario, Holocauste Nazi - Armes Secrètes du IIIe Reich flagornera les amateurs patentés du cinéma trash. En termes de crapuleries et autres insanités de circonstance, le film de Luigi Batzella remplit aisément sa gageure. Ma note finale fera donc preuve de mansuétude et de miséricorde.


Note : 08.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver

(1) Synopsis du film : https://fr.wikipedia.org/wiki/Holocauste_nazi_(Armes_secr%C3%A8tes_du_IIIe_Reich)