alienator

Genre : science-fiction 
Année : 1989
Durée : 1h33

Synopsis : (1) Dans un pénitencier spatial destiné à l’accueil des pires criminels de la galaxie, un directeur accorde un intérêt tout particulier à l’exécution de Kol, un vil révolutionnaire responsable de l’extermination de planètes entières. L’arrivée d’un haut fonctionnaire galactique opposé à la peine de mort retarde quelque peu la mise à mort de la vermine spatiale. L’ignoble Kol réussit à s’évader, traverse le cosmos et atterrit sur Terre, en particulier dans une petite bourgade des Etats-Unis. Le directeur du pénitencier spatial décide alors d'envoyer le chasseur le plus redoutable de l’univers, l'Alienator, afin d'appréhender Kol et surtout de l'éliminer (1).

 

La critique :

A maintes reprises, dans les colonnes de Cinéma Choc, nous avons évoqué le cas de Bruno Mattei, sans doute le parangon le plus populaire de l'univers du nanar. Son credo ? Reprendre certains blockbusters à succès et proposer des versions très personnelles. Après avoir réalisé des sous-Emmanuelle (Emmanuelle et Françoise, 1975), Bruno Mattei renâcle vers la Nazisploitation via Hôtel du plaisir pour SS (1977), une sorte de copie éhontée de l'excellent Portier de Nuit (Liliana Cavani, 1974). Puis, après avoir sévi derechef dans les lascivités et l'érotisme hard (Le sexe interdit en 1979 et Les novices libertines en 1980), Bruno Mattei réalise son chef d'oeuvre absolu en termes de nanar.
Son nom ? Virus Cannibale (1980), un film d'horreur qui louvoie entre Zombie (George A. Romero, 1978), Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980) et Orange Mécanique (Stanley Kubrick, 1971).

Evidemment, les genres post-apocalyptique (Les Rats de Manhattan, 1984), les films de guerre (Strike Commando - Section d'Assaut, 1987), les Predator du pauvre (l'inénarrable Robowar, 1988), ou encore les filiations entre Terminator et Alien, le huitième passager (Terminator 2 - Spectres à Venise, 1990) font partie des tristes réjouissances. Même Les dents de la mer (Steven Spielberg, 1975) n'échappera pas à l'oeil avisé (rires !) de Bruno Mattei via un Jaws 5 (1995) de sinistre mémoire. En résumé, l'imitation, l'opportunisme et la falsification deviennent les nouveaux leitmotivs du cinéma bis, en particulier de la série Z.
Autant spolier et psalmodier les grands films à succès. En l'occurrence, Bruno Mattei n'est pas le seul "bisseux" (comprenez "nanarman") à s'enticher de ces productions plantureuses qu'il paraphrase à satiété.

 

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Dans ce monde aventureux, un autre auteur transparaît en filigrane. Son nom ? Fred Olen Ray. A la fois producteur, réalisateur et scénariste, Fred Olen Ray est un pur produit (si j'ose dire...) du cinéma bis, celui qui se réclame de la série B (voire série Z) version Bruno Mattei. En l'occurrence, Fred Olen Ray n'a pas à jalouser Monsieur Bruno Mattei. Lui aussi peut s'enorgueillir d'une filmographie éclectique avec ses sous-Predator, ses sous-Alien, ses sous-Jurassic Park et ses sous-Terminator. A l'instar de Bruno Mattei (bis repetita...), le metteur en scène empruntera toute une litanie de pseudonymes, notamment Bill Carson, Dr. S. Carver, Roger Collins, Peter Daniels, Nicholas Medina, Nick Medina, Sam Newfield, Fred Ray, Ed Raymond, Randy Rocket, Sherman Scott, Peter Stewart ou encore Freddie Valentine (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fred_Olen_Ray).

Sa carrière cinématographique démarre vers le milieu des années 1970 via The Brain Leeches (1977), une série B inconnue au bataillon et inédite dans nos contrées hexagonales. A postériori, il enchaînera avec Scalps (1983), Hollywood Chainsaw Hookers (1988), Dinosaur Island (1994), L'attaque de la pin-up géante (1995), Indian Ninja (1998), Emmanuelle 2001 - Emmanuelle's Sensual Pleasures (2001), Bikini Chain Gang (2005), Ouragan Nucléaire (2007), Bikini Frankenstein (2010), Housewives from another world (2010), ou encore Marions-nous à Noël (2018), sa dernière fumisterie en date. Sa filmographie compte plus d'une centaine de longs-métrages et Fred Olen Ray n'a pas fini de sévir dans le noble Septième Art !
Que ce soit le fantastique, la science-fiction, l'action, la guerre, les ninjas décrépits et même l'érotisme de comptoir, Fred Olen Ray aime "bouffer" à tous les râteliers.

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Il était donc logique que l'auteur démiurgique (sic...) renifle - un jour ou l'autre - du côté d'Alien, de Predator et de Terminator. Preuve en est avec Alienator, sorti en 1989. En raison de son budget famélique, le film n'a pas connu les ferveurs d'une exploitation dans les salles obscures. C'est donc par l'entremise du support vidéo qu'Alienator a pu se démarquer - à l'époque - dans certains vidéoclubs. Evidemment, une telle calamité visuelle ne pouvait pas échapper à la célérité du site Nanarland (Source : http://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-alienator-alienator.html) via une chronique croustillante, voire truculente.
Curieusement, dans cette série Z subsidiaire, on retrouve quelques noms bien connus du cinéma bis, notamment Jan-Michael Vincent et John Phillip Law.

Ancienne vedette de la télévision et en particulier de la série télévisée Supercopter (1984 - 1986), Jan-Michael Vincent nous a quitté l'année dernière (donc, en 2019, au cas où vous n'auriez pas compris). Autrefois sémillant, le comédien en déveine sombrera dans l'éthylisme et la consommation de stupéfiants. Après la troisième saison de Supercopter, Jan-Michael Vincent ne disparaîtra pas totalement des écrans-radars. Atone, l'acteur doit se contenter de maigres subsides et doit se contenter de quelques séries B anémiques. John Phillip Law aura une carrière honorable.
Les spectateurs les plus érudits le connaissent pour sa prestation dans Barbarella (Roger Vadim, 1968). Viennent également s'additionner Teagan Clive, Ross Hagen, Dyana Ortelli et P.J. Soles. Attention, SPOILERS !

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(1) Dans un pénitencier spatial destiné à l’accueil des pires criminels de la galaxie, un directeur accorde un intérêt tout particulier à l’exécution de Kol, un vil révolutionnaire responsable de l’extermination de planètes entières. L’arrivée d’un haut fonctionnaire galactique opposé à la peine de mort retarde quelque peu la mise à mort de la vermine spatiale. L’ignoble Kol réussit à s’évader, traverse le cosmos et atterrit sur Terre, en particulier dans une petite bourgade des Etats-Unis. Le directeur du pénitencier spatial décide alors d'envoyer le chasseur le plus redoutable de l’univers, l'Alienator, afin d'appréhender Kol et surtout de l'éliminer (1). Autant l'annoncer sans ambages.
J'avoue n'avoir pas grand-chose à soliloquer, ni à pavoiser sur cet Alienator qui s'illustre, entre autres, par son affiche ringarde et amphigourique.

Les filiations avec Terminator premier du nom sont évidentes, voire inhérentes. Seule dissimilitude et pas des moindres, c'est une femme robuste qui supplante Arnold Schwarzenegger via une coiffure hirsute et une arme de guerre en guise de bras droit. Mais Alienator, c'est du trois en un, la grande spécialité de Fred Olen Ray. Ainsi, Alienator ne se contente pas seulement de soudoyer Terminator. Le long-métrage renâcle également du côté d'Alien - Le Huitième Passager (vaguement par son introduction dans un pénitencier spatial) et surtout Predator. Hélas, et vous vous en doutez, la métaphore s'arrête bien là. Ainsi, Alienator s'achemine par un préambule  funambulesque.
Kol, un vil renégat, parvient à se faire la malle après avoir jeté des vers longiformes à la face d'un assaillant inoffensif.

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La suite du film se déroule essentiellement sur notre planète. Curieusement, Jan-Michael Vincent fait partie des rôles subalternes. Il est évincé par John Phillip Law, le seul acteur à surnager quelque peu dans cette série Z funambulesque. Faute de budget, il faudra évidemment se contenter de maquettes en plastique, de vêtements en aluminium, d'un casting à la dérive (le pauvre Jan-Michael Vincent en tête de peloton...) et de lasers qui font "piou-piou" ! C'est sans compter sur les apparitions improbables (mais toujours remarquées) de notre cyborg de service. Pour voir notre cher androïde, il faudra faire preuve de longanimité et patienter au moins une bonne demi-heure.
Dès lors, bienvenue dans un véritable festival de "nawak" ! Toujours faute de budget, les belligérances se déroulent essentiellement dans la forêt du coin ! Mieux, notre robot frelaté lutine et s'acoquine avec une biche. A fortiori, Fred Olen Ray s'échine à humaniser un cyborg délesté du moindre charisme. Est-il absolument opportun de s'appesantir sur les sinistres détails ? La réponse est évidemment négative. On comprend mieux pourquoi Alienator a disparu dans les affres de la désuétude. Les thuriféraires de nanars seront en terrain connu et quasiment conquis. Les autres feront grise mine contre cette série Z obsolescente et typique de la décennie 1980.

Côte : Nanar

(1) Synopsis du film sur : http://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-alienator-alienator.html

sparklehorse2 Alice In Oliver