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Genre : thriller (interdit aux - 12 ans)
Année : 2009
Durée : 1h32

Synopsis : Henry Lee Lucas a toujours vécu dans la violence depuis son enfance. Devenu adulte, et avec la complicité de son meilleur ami et de sa fiancée, il devient un serial killer dans le sud des Etats- Unis. Confessant des centaines de meurtres dans tout le pays, Henry dévoilera au monde sa face la plus ignoble. 

 

La critique :

Lorsque l'on invoque les serial killers les plus tristement notoires, on songe invariablement aux tueurs en série américains, à savoir les criminels les plus médiatiques. Des noms tels qu'Albert Fish, Jeffrey Dahmer, Ted Bundy, Dennis Rader, Gary Ridgway, Richard Trenton Chase, Edmund Kemper, ou encore Charles Manson sont devenus autant de cryptonymes hélas populaires dans la mémoire collective. Par ailleurs, Stephen King, le célèbre romancier de l'épouvante, s'inspirera des forfaitures de John Wayne Gacy pour Ca, un opuscule dans lequel un clown kidnappe et dévore les enfants d'une petite communauté américaine (en l'occurrence, le Maine). Tel était, par ailleurs, le modus operandi du même John Wayne Gacy. "Blind, torture, kill" ("Ligoter, torturer, tuer") : tel était le syllogisme de ce renégat chevronné.
Dixit les propres aveux de sa famille et de son entourage, John Wayne Gacy n'est pas ce sinistre individu acariâtre et sociopathe.

Mieux, l'homme replet est décrit comme un individu affable, parfaitement intégré dans notre société et bon père de famille. Pourtant, à ses heures perdues, le psychopathe assaille des adulescents avec qui il entretient des relations sexuelles. Fou de rage et sous l'emprise de pulsions intarissable, l'écervelé les mutile et les enterre dans sa cave. Que soit. L'Amérique escompte également à son actif d'autres psychopathes tristement populaires. C'est par exemple le cas d'Henry Lee Lucas, né en 1936 et décédé en 2001 d'une insuffisance respiratoire. Ce sociopathe cristallise à lui seul tous les signes cliniques et anamnestiques du tueur en série lambda. A la fois cuistre, spécieux, félon et bonimenteur, le sycophante est à fortiori un vulgaire cacochyme, avec même une intelligence inférieure à la moyenne.
Vous pouvez donc expressément phagocyter l'archétype d'Hannibal Lecter au profit d'un être acerbe et assujetti à ses propres pulsions archaïques.

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Pis, le renégat plastronne et se vante - auprès de la police - d'avoir commis plus de trois cents meurtres à travers son périple meurtrier à travers les Etats-Unis. Sourcilleuse, l'enquête diligentée prouvera la culpabilité d'Henry Lee Lucas pour trois crimes. Lors de son procès, le forcené est condamné à une peine de prison à perpétuité. Lors de son séjour carcéral, Henry Lee Lucas est unanimement décrié comme un captif bienveillant et modèle, que ce soit auprès de ses sectateurs et même des gardes-chiourmes. A l'instar des serial killers les plus notoires, lui aussi fera l'objet de toute une pléiade de reportages, de documentaires et de longs-métrages. A ce jour, Henry - Portrait d'un serial killer (John McNaughton, 1986) reste le long-métrage le plus proverbial. On pourrait également stipuler Henry - Portrait d'un serial killer 2 (Chuck Parello, 1998). 

Les producteurs n'ont jamais caché les accointances entre le maniaque du bistouri et les tribulations de Chucky, la célèbre poupée sanguinaire. Ou lorsque l'ombre malfaisante d'Henry Lee Lucas inspire et agrémente le cinéma horrifique...Vient aussi s'additionner Drifter - Henry Lee Lucas, réalisé par la diligence de Michael Feifer en 2009. Pour l'anecdote superfétatoire, le long-métrage est également connu sous le substantif d'Henry Lee Lucas - Serial Killer... Serial Liar. A la fois producteur, scénariste et metteur en scène américain, Michael Feifer compte plus d'une soixantaine de film à son actif. Rien que ça ! On tient donc là un pur produit (si j'ose dire...) du cinéma indépendant. Mais Michael Feifer est également affilié au monde de la télévision.
On lui doit - entre autres - Dracula's Guest (2009), Abandoned (2010), Un enfant à vendre (2012), Passion Trouble (2012), Voleuse d'enfant (2013), Une proie facile (2015), Meurtre à l'encre noir (2017), Deadly Lessons (2018), Deviant Love (2019), ou encore My stepfather's secret (2019).

 

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Ce n'est pas la première fois que Michael Feifer prodigue un biopic sur un serial killer américain. Auparavant, le cinéaste avait déjà livré Ed Gein - The butcher of Plainfield (2007), Chicago Massacre - Richard Speck (2007), B.T.K. (2008), Boston Strangler - The untold story (2008), ou encore Bundy - L'esprit du mal (2009). A l'instar de ses augustes antécesseurs, Drifter - Henry Lee Lucas n'a pas bénéficié d'une distribution dans les salles obscures. En outre, cette série B adventice est le parfait prototype du D.T.V. (direct-to-video), à savoir une production réalisée en quelques jours et nantie d'un budget famélique. Le film de Michael Feifer doit aussi se départir et ferrailler avec un autre concurrent chevronné, à savoir Henry - Portrait d'un serial killer (déjà susdénommé dans ces lignes), et qui fait désormais office de classique voluptuaire. 

Indubitablement, Drifter - Henry Lee Lucas n'a pas vraiment (du tout...) les mêmes aspérités. Reste à savoir si ce thriller justifie - ou non - son visionnage. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique... La distribution du film se compose d'Antonio Sabato Jr., John Burke, John Diehl, Kostas Sommer, Kelly Curran, Caia Coley et Nicolas Canel. Attention, SPOILERS ! Henry Lee Lucas a toujours vécu dans la violence depuis son enfance. Devenu adulte, et avec la complicité de son meilleur ami et de sa fiancée, il devient un serial killer dans le sud des Etats- Unis. Confessant des centaines de meurtres dans tout le pays, Henry dévoilera au monde sa face la plus ignoble. 
Contrairement à Henry - Portrait d'un serial killer, Drifter - Henry Lee Lucas explore à la fois la croisière meurtrière de l'apostolat, ainsi que la genèse de ses troubles psychopathologiques.

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Une fois appréhendé par la police, Henry Lee Lucas ne désarme pas. Pernicieux et bonimenteur, le personnage est à la fois hautain et machiavélique, dépêchant le FBI sur des scènes de meurtre fictives. Henry Lee Lucas s'ébaudit de son aura médiatique, ainsi de l'impact qu'il génère sur les familles des victimes. Indubitablement, le réalisateur, Michael Feifer s'est allègrement documenté sur son sociopathe de service. Hélas, Drifter - Henry Lee Lucas souffre inévitablement de la métaphore avec Henry - Portrait d'un serial killer (toujours la même antienne...).
Autant l'annoncer sans ambages. C'est le film de John McNaughton qui remporte aisément les suffrages. Certes, pour un DTV de sa catégorie, Drifter - Henry Lee Lucas ne démérite pas, à condition de le visionner pour ce qu'il est, à savoir une série B comme il en sort par dizaines (centaines...) chaque année en DVD.

Sur ce dernier point, Michael Feifer est un véritable orfèvre en la matière. Seul bémol et pas des moindres, Drifter - Henry Lee Lucas ne présente qu'un intérêt assez relatif... Déjà parce qu'il subit la métaphore avec Henry - Portrait d'un serial killer... Hélas, et vous vous en doutez, l'allégorie s'arrête bien là. Ensuite, dans le rôle d'Henry Lee Lucas, Antonio Sabato Jr. fait le job, mais ne possède pas l'entregent ni le raffinement d'un Michael Rooker, toujours dans le rôle du sociopathe écervelé (pléonasme !). Pourquoi, diantre, avoir choisi un comédien bellâtre pour incarner un serial killer hideux et captieux ? Même le trash et le gore sont curieusement évincés de ce thriller aseptisé et délesté de toute tension et de tout suspense, un comble pour un biopic sur un tel sociopathe !
Sur ces entrefaites, il est difficile d'accorder la moyenne à ce thriller lambda et expressément réalisé par le pied gauche de Michael Feifer. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout...

 

Note : 08.5/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver