paranormal activity marked ones

Genre : Horreur, épouvante, found footage (interdit aux - 12 ans)
Année : 2013
Durée : 1h27

Synopsis : Spin-off de la saga Paranormal Activity : alors que Jesse, après avoir été "marqué", est poursuivi par des forces mystérieuses, sa famille essaye de le sauver. 

 

La critique :

De temps à autre, le paranormal et le found footage s'invitent dans les colonnes éparses de Cinéma Choc. Pour souvenance, ce sous-registre du cinéma horrifique retrouvera quelques luminescences via Le Projet Blair Witch (Eduardo Sanchez et Daniel Myrick, 1999). A l'époque, ce long-métrage d'épouvante fait figure de véritable épouvantail. Avec un budget anémique et un casting famélique, Le Projet Blair Witch devient la nouvelle figure emblématique du cinéma d'horreur. Le principe est aussi simplissime que lapidaire. Lors de ses pérégrinations, la police retrouve une caméra enfouie quelque part dans une forêt prétendument ensorcelée. Cette vidéo constitue l'ultime témoignage d'étudiants un peu trop téméraires. Leur sujet de mémoire porte sur une légende urbaine. 
La forêt de Blair Witch serait habitée par une vile sorcière, ainsi que par des esprits démonologiques.

Il n'en faut pas davantage pour raviver l'appétence de spectateurs lassés par tous ces slashers qui affluent au cinéma et en vidéo depuis plusieurs décennies. Le projet Blair Witch s'achemine sur une idée matoise. Les événements relatés seraient, à fortiori, bien réels. Or, tout est factice, truqué, falsifié et savamment fomenté par les deux auteurs démiurgiques. A raison, les deux comparses jubilent. Pourtant, Eduardo Sanchez et Daniel Myrick n'ont strictement rien inventé. Dixit les propres aveux des deux fidèles prosélytes, Le Projet Blair Witch se contente de psalmodier le syllogisme de Cannibal Holocaust (Ruggero Deodato, 1980), une sorte de torture porn anthropophagique qui louvoie, lui aussi, vers le found footage. 
Suite au succès pharaonique de Le Projet Blair Witch, Eduardo Sanchez et Daniel Myrick se sépareront en toute amicalité et vaqueront vers d'autres projets. 

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Toutefois, les deux cinéastes disparaîtront subrepticement des écrans-radars et se fourvoieront dans des séries B adventices. Que soit. En raison de son succès inopiné, Le Projet Blair Witch influence et génère toute une pléthore d'épigones. Les thuriféraires n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que V/H/S (David Bruckner et Tyler Gillett, 2012), Troll Hunter (André Ovredal, 2010), Grave Encounters (The Vicious Brothers, 2011), The Bay (Barry Levinson, 2012), Cloverfield (Matt Reeves, 2008), Megan is missing (Michael Goi, 2011), The Tunnel (Carlo Ledesma, ), ou encore Rec (Jaume Balaguero et Paco Plazza, 2008) parmi les métrages notables et éventuellement notoires. Mais un autre film va profiter de cet engouement pour le found footage. 
Son nom ? Paranormal Activity (Oren Peli, 2009).

A l'époque, personne (ou presque...) ne gage sur cette série B émanant de nulle part et dépourvue de la moindre prébende. Le réalisateur, Oren Peli, mise sur une bande annonce roublarde. Etonnamment, le buzz fonctionne et les foules s'amoncellent dans les salles pour découvrir un film d'épouvante polémique. Pour certains contempteurs, Paranormal Activity s'approxime à une sorte de duperie qui repose, in fine, sur le même concept que Poltergeist (Tobe Hooper, 1982), à la seule différence que les activités parapsychologiques sont filmées dans chacune des pièces d'une demeure opulente. Qu'à cela ne tienne. Après Le Projet Blair Witch, Paranormal Activity devient la nouvelle égérie du found footage. En outre, ce premier chapitre s'ébaudit de nos peurs archaïques et ancestrales, entre autres l'agoraphobie et l'achluophobie.

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Il faut finalement peu d'effets spéciaux pour provoquer quelques frousses et trémolos dans la voix. Une porte qui claque de façon impromptue, ou encore une mystérieuse présence ombrageuse qui parcourt - de temps à autres - les coursives d'une maison habitée par de mauvais esprits constituent de bien maigres arguties. Pourtant, cette formulé éculée se révèle suffisamment fructueuse pour enjôler un public majoritairement prépubère. En raison de son immense succès, Paranormal Activity va se transmuter en une franchise lucrative et mercantiliste. 
Ainsi, Paranormal Activity 2 (Tod Williams, 2010), Paranormal Activity 3 (Henry Joost et Ariel Schulman, 2011), Paranormal Activity 4 (Henry Joost et Daniel Schulman, 2012), Paranormal Activity - The Marked Ones (Christopher Landon, 2014) et Paranormal Activity 5 - Ghost Dimension (Gregory Plotkin, 2015) seront produits dans la foulée. 

Un Paranormal Activity - Tokyo Night (Toshikazu Nagae, 2010) sera lui aussi diligenté par le cinéma japonais sous la forme d'une suite non officielle de Paranormal Activity premier du nom. Ca va, vous avez tout suivi ? Vous n'avez pas baillé ni soupiré durant ces explicitations fastidieuses ? Aujourd'hui, c'est le cas de Paranormal Activity - The Marked Ones qui fait l'objet d'une chronique dans les lignes éparses de Cinéma Choc. Pour l'anecdote superfétatoire, cet ixième opus est toujours cornaqué par les soins d'Oren Peli à la production. Quant à Christopher Landon, l'artiste polymathique démarre sa carrière cinématographique sous les prérogatives de scénariste.
Son premier long-métrage, en tant que cinéaste, s'intitule Burning Palms (2010). A postériori, le metteur en scène plumitif enchaînera avec Scouts guide to the zombie apocalypse (2015), Happy Birthdead (2017) et Happy Birthdead 2U (2019).

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C'est donc par l'entremise de la saga Paranormal Activity que Christopher Landon a pu s'ériger un simulacre de notorité, notamment en griffonnant les scénarii de Paranormal Activity 2, Paranormal Activity 3 et Paranormal Activity 4. L'homme est donc un faciès bien connu de la franchise. Il était donc logique que Paranormal Activity - The Marked Ones échoit entre ses mains. Via ce cinquième opus, Christopher Landon est enfin dépêché derrière la caméra. Via Paranormal Activity - The Marked Ones, le réalisateur sera-t-il apte à raviver la flamme vacillante d'une franchise amorphe et en désuétude ? Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique ?
En l'occurrence, ce cinquième chapitre putatif n'a pas spécialement suscité les faveurs ni les ferveurs de la presse spécialisée.

A contrario, certains aficionados invoquent un épisode dissonant, voire dissident, qui parvient à s'extirper de la recette famélique de ses glorieux antécesseurs. La distribution du film risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms d'Andrew Jacobs, Jorge Diaz, Gabrielle Walsh, Renée Victor, Noemi Gonzalez, David Saucedo, Gloria Sandoval, Richard Cabral et Carlos Pratts ; mais j'en doute... Attention, SPOILERS ! (1) Jesse (Andrew Jacobs) est un adolescent de 18 ans, fraîchement diplômé, qui assiste contre son gré à divers phénomènes paranormaux provenant de sa voisine du dessous. Une étrange femme qui se livre à des rites sataniques qui va être à l’origine du comportement suspicieux d’Oscar (Carlos Pratts), une connaissance.
Mais aussi d’une morsure au bras dont Jesse se rendra compte un beau matin à son réveil, et qui va le rendre, petit-à-petit, distant et colérique. 

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Renforçant autour de lui ces fameux phénomènes paranormaux, qui entraînent la mort de ses proches (1). Certes, Paranormal Activity - The Marked Ones est auréolé du statut de cinquième opus. Paradoxalement, ce nouvel opus ne se polarise pas sur une famille lambda ou de vulgaires cacochymes, subrepticement préemptés par des forces machiavéliques et comminatoires. La singularité de Paranormal Activity - The Marked Ones se situe dans ce modus operandi, et plus particulièrement sur cette centration sur un personnage principal ; en la personne de Jesse Arista. En outre, ce jeune homme est un adulescent lambda... Jusqu'au jour où il est mordu par une vile sorcière. Subrepticement, l'éphèbe se transforme et subit un étrange cas de métempsychose.
"Une fois marqué, il est déjà trop tard". Telle est l'admonition péremptoire de l'affiche du film.

Hélas, cette allocution dogmatique aurait mérité un bien meilleur étayage. Nonobstant ces menues incartades, Paranormal Activity - The Marked Ones respecte les codes et les dogmes inhérents de la franchise. Seule dissimilitude et pas des moindres, ce cinquième chapitre réitère les scansions de Rec premier du nom, et plus particulièrement du second épisode (donc Rec 2, en l'occurrence). Paranormal Activity - The Marked Ones itère derechef les supplications de L'Exorciste en renâclant vers la sorcellerie et les rites sataniques. Les thuriféraires originels seront probablement en terrain connu et quasiment conquis. A contrario, les contempteurs habituels clabauderont et maronneront à raison contre la vacuité et l'inanité de cette cinquième forfaiture sur pellicule, nonobstant quelques nouveautés et finauderies circonstanciées. Bref, il était temps - grand temps - que la saga s'arrête. Hélas, les producteurs ont déjà annoncé leurs futurs desseins, à savoir cette velléité de réaliser un sixième chapitre consécutif.

 


Note :
 09/20

(1) Synopsis du film sur : https://www.lemagducine.fr/cinema/critiques-films/paranormal-activity-the-marked-ones-critique-du-film-18227/

 

sparklehorse2 Alice In Oliver