capture kill release

Genre : horreur, gore, trash, torture porn, found footage (interdit aux - 18 ans dans certains pays, interdit aux - 16 ans en France)
Année : 2016
Durée : 1h36

Synopsis : Un couple décide d'assassiner un inconnu au hasard juste pour le frisson, puis les choses se compliquent...  

La critique :

Comme une évidence, presque une pantalonnade. Lorsque l'on invoque le néologisme du "torture porn", on songe invariablement à Saw (James Wan, 2004) et Hostel (Eli Roth, 2006). Dans le cas du premier film susdénommé, James Wan adapte un court-métrage éponyme qu'il avait lui-même réalisé. Dixit les propres aveux de l'auteur démiurgique, Saw n'avait pas pour velléité de toiser les firmaments des oriflammes. A l'origine, il s'agit d'une série B impécunieuse qui amalgame sans fard huis clos, torture porn, thriller, horreur et une enquête policière conçue comme une sorte de puzzle démoniaque, avec ses pièges, ses supplices et ses multiples collatérales. 
Pourtant, cette formule surannée flagorne les thuriféraires du cinéma gore. Paradoxalement, Saw n'a rien inventé et réitère les recettes éculées de naguère.

James Wan n'a jamais caché sa dilection pour Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974), La Colline A Des Yeux (Wes Craven, 1977), ou encore La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972). Toujours la même antienne... Saw défie tous les pronostics et caracole en tête de peloton lors de sa sortie en salles. Aux yeux des producteurs, Saw constitue la nouvelle manne providentielle. Ces derniers exhortent James Wan à signer de nouvelles suites consécutives. Mais le metteur en scène n'a cure des instigations, voire des objurgations de ses financeurs. 
James Wan affectionne davantage l'épouvante de jadis. Impression corroborée par ses longs-métrages suivants, notamment Dead Silence (2007), Insidious (2011), Insidious - Chapitre 2 (2013), Conjuring - Les Dossiers Warren (2013) et Conjuring - Le Cas Endfield (2016).

 

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Que soit. En raison de son succès pharaonique, Saw premier du nom va se transmuter en une franchise lucrative et opportuniste, hélas cornaquée par toute une série de tâcherons patentés. En l'occurrence, Hostel obliquera - peu ou prou - vers la même trajectoire. Dans le film d'Eli Roth, c'est une étrange organisation qui s'adonne à la capture, puis à la torture de touristes dans un pays d'Europe de l'Est. Hostel signe donc la résurgence des tortures de l'Inquisition, toutefois sous l'angle du capitalisme et du consumérisme à tous crins. 
Si le premier chapitre s'approxime à un film d'horreur potache et égrillard, le second volet, sobrement intitulé Hostel - Chapitre 2 (2007), affine davantage son syllogisme morbide. La franchise échoit alors entre les mains de Scott Spiegel via un inévitable Hostel - Chapitre 3 (2011).

Ce sera l'opus de trop. Le long-métrage ne sortira même pas au cinéma et écumera les bacs via le support vidéo. Mais peu importe, Saw et Hostel relancent la mode galvaudeuse du torture porn. En résulte toute une panoplie de productions peu ou prou analogiques. Les thuriféraires de ce registre cinématographique n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que The Collector (Marcus Dunstan, 2009), Excision (Richard Bates Jr., 2012), Pernicious (James Cullen Bressack, 2015), Perseveration (Adam Sotelo, 2012), Hoboken Hollow (Glen Stephens, 2006), Living Death (Erin Berry, 2006), Captivity (Roland Joffé, 2007), Borderland (Zev Berman, 2008), The Torturer (Lamberto Bava, 2006), Seed (Uwe Boll, 2007), ou encore See No Evil (Gregory Dark, 2006) parmi les longs-métrages notables et éventuellement notoires. 

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Vient également s'additionner Capture Kill Release, réalisé par la diligence de Brian Stewart et Nick McAnulty en 2016. Difficile de trouver la moindre information - même élusive - sur Brian Stewart. L'artiste énigmatique n'est même pas mentionné sur la Toile, que ce soit sur Wikipédia ou IMDb. En revanche, Nick McAnulty est stipulé. Avant Capture Kill Release, le metteur en scène a déjà officié derrière un premier film, sobrement intitulé Uncle Brian (2010), un long-métrage indépendant et inconnu au bataillon. A fortiori, Capture Kill Release est le résultat d'une longue collaboration puisque c'est le même Nick McAnulty (encore lui) qui assure non seulement la réalisation, mais qui agence également la production et le scénario du film. En raison de sa relative impécuniosité, Capture Kill Release n'a pas bénéficié d'une distribution dans les salles obscures.

Le métrage est donc sommé de se colleter et de se départir via l'entremise des festivals, du streaming et du DTV (direct-to-video). A contrario, Capture Kill Release s'érige une certaine réputation et pour cause... Puisque le film écope de l'ultime réprobation, soit d'une interdiction aux moins de 18 ans, dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni, destination vers laquelle le long-métrage est répudié, honni, voué à l'opprobre et aux gémonies. En revanche, en France, Capture Kill Release échoit "seulement" (si j'ose dire...) d'une interdiction aux moins de 16 ans. Le film de Brian Stewart et Nick McAnulty peut aussi s'enorgueillir de critiques plutôt dithyrambiques.
Reste à savoir si Capture Kill Release justifie - ou non - son visionnage. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique...

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La distribution de ce torture porn risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Jennifer Fraser, John Gates, Farhang Ghajar, Rich Piatkowski et Christina Schimmel. En l'occurrence, le synopsis du film est plutôt lapidaire. Attention, SPOILERS ! Un couple (Jennifer et Farhang) décide d'assassiner un inconnu au hasard juste pour le frisson, puis les choses se compliquent... Surtout lorsque Jennifer entreprend de kidnapper, puis de torturer un vulgaire quidam de passage. Sinon, c'est tout pour l'exégèse du film ? Oui, c'est tout... A vrai dire, le principal attribut de Capture Kill Release ne situe pas vraiment (du tout...) dans sa trame narrative, mais davantage dans les genres qu'il brasse et amalgame. Tout au long de ses supplices et prévarications, Capture Kill Release s'approxime à la fois à un torture porn déviant, à un snuff movie factice et aussi à un found footage.

Matois, Brian Stewart et Nick McAnulty font évidemment voeu d'allégeance à la trilogie August Underground, en particulier à August Underground's Mordum (Fred Vogel, 2003), un film trash auquel Capture Kill Release semble faire obédience. Hélas, en termes d'ignominies et de scabrosités, la métaphore s'arrête bien là. Cependant, difficile de ne pas grimacer, ni pousser quelques cris d'orfraie, devant ce long-métrage âpre, érubescent et pugnace qui happe littéralement à la gorge après une première demi-heure soporative. Lors de cette première segmentation, Capture Kill Release s'atermoie beaucoup trop sur ces deux tourtereaux sociopathes. Ce préambule interminable dénote surtout par ses fariboles et son inanité. Heureusement, une fois la première victime estampée, Capture Kill Release adopte enfin son rythme de croisière. Toutefois, dans l'ensemble, la plupart des rugosités reste relativement convenue.
Que soit. Nonobstant une certaine redondance sur sa courte durée (à peine une heure et 35 minutes de bobine), Capture Kill Release parvient à estourbir les persistances rétiniennes. Le film doit beaucoup à son duo infernal. Mention particulière à la jolie Jennifer Fraser en psychopathe écervelé. Une bonne surprise en somme. Tout à fait recommandable, donc !

Note : 13.5/20

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