very bad things

Genre : comédie, comédie dramatique (interdit aux - 12 ans)
Année : 1998
Durée : 1h40

Synopsis : Quelques jours avant son mariage avec Laura, Kyle décide d'enterrer sa vie de garçon avec quelques copains, lesquels organisent une virée à Las Vegas. Laura voit d'un mauvais œil cette sortie, obsédée par un mariage qu'elle attend depuis toujours. La fête tourne au cauchemar quand Michael tue accidentellement une prostituée engagée pour animer la soirée. Entrainé par Boyd, le groupe d'amis décide de ne pas avertir la police et d'enterrer le cadavre dans le désert. C'est alors le début d'une spirale infernale. 

 

La critique :

Mais qu'est devenu l'acteur américain Christian Slater ? Aujourd'hui, tout le monde (ou presque) se gausse impérialement du comédien, tant Christian Slater semble avoir disparu des écrans-radars... Pas tout à fait... Tout du moins, l'artiste iconoclaste n'apparaît plus dans des productions dispendieuses ni voluptuaires. Pour les novices, l'interprète connaît le succès précocement dans Le Nom de la Rose (Jean-Jacques Annaud, 1986) aux côtés de Sean Connery. A l'époque, Christian Slater n'est encore qu'un jeune éphèbe à peine âgé de 17 ans. Puis, l'acteur enchaîne les tournages et connaît enfin la consécration dans les années 1990. Dark Side - Les contes de la nuit noire (John Harrison, 1990), True Romance (Tony Scott, 1993), Entretien avec un Vampire (Neil Jordan, 1994), Robin des Bois prince des voleurs (Kevin Reynolds, 1991), Broken Arrow (John Woo, 1996) assoient durablement sa notoriété dans le petit univers hollywoodien.

Hélas, les années 2000 lui seront préjudiciables et signeront son déclin, comme l'atteste l'échec de Windtalkers, les messagers du vent (John Woo, 2002) au box-office américain. Certes, Christian Slater continue d'enchaîner les tournages chronophages. Mais la plupart de ses films sortent en DTV (direct-to-video) et n'ameutent pas spécialement les spectateurs. Même les critiques se montrent plutôt pondérées et résument la carrière de l'acteur à une petite gabegie. Pis, Christian Slater est relégué dans des productions subsidiaires et apparaît alors comme un acteur "has been", au mieux de seconde zone. Que ce soit Confession Secrète (Lewin Webb, 2004), Alone in the Dark (Uwe Boll, 2005), Hollow Man 2 (Claudio Fäh, 2006), Le Prix de la Trahison (Keith Samples, 2008), ou encore King Cobra (Justin Kelly, 2016), toutes ces oeuvres subalternes se soldent par une rebuffade commerciale. 

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La carrière du comédien s'est sérieusement délitée au fil des années. Mais peu importe... Désormais, Christian Slater se consacre principalement à la télévision et participe toujours à de petites séries B faméliques. Déjà, vers la fin des années 1990, Christian Slater n'est plus cet acteur flamboyant et hégémonique. Preuve en est avec Very Bad Things, réalisé par la diligence de Peter Berg en 1998. A la fois producteur, acteur, cinéaste et scénariste, Peter Berg démarre sa carrière, en tant que comédien, vers la fin des années 1980 dans Never on tuesday (Adam Rifkin, 1988). 
En outre, Very Bad Things constitue son tout premier long-métrage. A postériori, il enchaînera avec Bienvenue dans la jungle (2003), Le Royaume (2007), Hancock (2008), Battleship (2012), Du sang et des larmes (2013), Deepwater (2016), Traque à Boston (2016), 22 Miles (2018) et Spencer Confidential (2020).

A l'aune de cette filmographie, plutôt poreuse et fastidieuse dans l'ensemble, on peut légitimement se montrer circonspect devant les réelles arguties de Peter Berg. Hélas, Very Bad Things ne déroge pas à la règle. Sur ce dernier point, les critiques sont plutôt mitigées. Si certaines saluent et encensent cette comédie pour son côté corrosif et égrillard, d'autres admonestent - à contrario - cet aspect macabre beaucoup trop prononcé. Ce n'est aléatoire si le film de Peter Berg écopera d'une interdiction aux moins de 12 ans lors sa sortie au cinéma. Reste à savoir si Very Bad Things justifie - ou non - son visionnage. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique...
La distribution du film se compose de Jon Favreau, Cameron Diaz, Christian Slater, Daniel Stern, Jeremy Piven, Leland Orser, Jeanne Tripplehorn, Kobe Tai et Byrne Piven.

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Attention, SPOILERS ! Quelques jours avant son mariage avec Laura, Kyle décide d'enterrer sa vie de garçon avec quelques copains, lesquels organisent une virée à Las Vegas. Laura voit d'un mauvais œil cette sortie, obsédée par un mariage qu'elle attend depuis toujours. La fête tourne au cauchemar quand Michael tue accidentellement une prostituée engagée pour animer la soirée. Entrainé par Boyd, le groupe d'amis décide de ne pas avertir la police et d'enterrer le cadavre dans le désert. C'est alors le début d'une spirale infernale. Indubitablement, Very Bad Things a sans doute influencé la trilogie Very Bad Trip qui sortira quelques années plus tard.
Par ce didactisme incisif, Very Bad Things amorce, quelques années auparavant, cette nouvelle dilection pour les comédies cyniques et sarcastiques.

Autant l'annoncer sans fard. Dans ce registre sardonique, on trouve un peu de tout, du bon et du moins bon... Et surtout du moins bon ! En l'occurrence, Very Bad Things démarre sur les chapeaux de roue. L'organisation des futures épousailles devient la principale (et unique) obsession de Laura. Pendant ce temps, son futur époux, Kyle, décide d'enterrer sa vie de garçon avec ses potes de toujours. Sur ces entrefaites, la reddition n'est plus une option. Aucun retour en arrière n'est possible, pour le plus grand désarroi de Kyle, sans cesse seriné par sa femme obsessionnelle. 
Dès lors, Very Bad Things dérive prestement vers les meurtres, la vindicte personnelle et les déprédations. Pourtant, on a cette étrange sensation que le film s'est trompé de personnage via cette polarisation excessive pour Kyle. 

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Preuve en est, Peter Berg délaisse rapidement cet époux versatile et débonnaire. Rarement Jon Favreau n'aura paru aussi falot. Ce dernier et ses acolytes sont totalement supplantés par Christian Slater et Cameron Diaz, en mode sociopathique, au mieux histrionique. Certes, on se surprend, çà et là, à s'esclaffer devant les pitreries insensées de nos divers protagonistes. Oui, Very Bad Things pourrait s'approximer à une comédie outrecuidante et sadique... Malencontreusement, le long-métrage est volontairement exsangue de la moindre moraline, laissant songer à une comédie stupide et profondément misanthrope. Vous l'avez donc compris. C'est donc la circonspection qui émane lors du générique final avec ce sentiment de gabegie. Bien sûr, la morale et un certain sens du pragmatisme interviendront lors d'un prologue final en apothéose. Hélas, Peter Berg nous a depuis longtemps semés sur le bord de la route.
Dommage... Car avec un tel sujet et des protagonistes un peu moins frontaux (voire archétypaux), Very Bad Things aurait pu aisément s'immiscer dans le haut du panier. Une petite gabegie en somme...

Note : 10.5/20

sparklehorse2 Alice In Oliver