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Genre : Horreur, gore, trash, torture porn (interdit aux - 16 ans)
Année : 2006
Durée : 1h25

Synopsis : Dans l'impossibilité de divorcer de Victor, Elizabeth tente de l'empoisonner. Plongé dans le coma, Victor voit, entend et ressent mais ne peut plus bouger, même durant... l'autopsie. Devenu fou, il s'échappe de la morgue et rêve de la plus atroce des vengeances. 

 

La critique :

Comme une évidence, presque une pantalonnade. Lorsque l'on invoque le néologisme du "torture porn", on songe invariablement à Saw (James Wan, 2004) et Hostel (Eli Roth, 2006). Dans le cas du premier film susdénommé, James Wan adapte un court-métrage éponyme qu'il avait lui-même réalisé. Dixit les propres aveux de l'auteur démiurgique, Saw n'avait pas pour velléité de toiser les firmaments des oriflammes. A l'origine, il s'agit d'une série B impécunieuse qui amalgame sans fard huis clos, torture porn, thriller, horreur et une enquête policière conçue comme une sorte de puzzle démoniaque, avec ses pièges, ses supplices et ses multiples collatérales.
Pourtant, cette formule surannée flagorne les thuriféraires du cinéma gore. Paradoxalement, Saw n'a rien inventé et réitère les recettes éculées de naguère.

James Wan n'a jamais caché sa dilection pour Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974), La Colline A Des Yeux (Wes Craven, 1977), ou encore La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972). Toujours la même antienne... Saw défie tous les pronostics et caracole en tête de peloton lors de sa sortie en salles. Aux yeux des producteurs, Saw constitue la nouvelle manne providentielle. Ces derniers exhortent James Wan à signer de nouvelles suites consécutives. Mais le metteur en scène n'a cure des instigations, voire des objurgations de ses financeurs.
James Wan affectionne davantage l'épouvante de jadis. Impression corroborée par ses longs-métrages suivants, notamment Dead Silence (2007), Insidious (2011), Insidious - Chapitre 2 (2013), Conjuring - Les Dossiers Warren (2013) et Conjuring - Le Cas Endfield (2016).

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Que soit. En raison de son succès pharaonique, Saw premier du nom va se transmuter en une franchise lucrative et opportuniste, hélas cornaquée par toute une série de tâcherons patentés. En l'occurrence, Hostel obliquera - peu ou prou - vers la même trajectoire. Dans le film d'Eli Roth, c'est une étrange organisation qui s'adonne à la capture, puis à la torture de touristes dans un pays d'Europe de l'Est. Hostel signe donc la résurgence des tortures de l'Inquisition, toutefois sous l'angle du capitalisme et du consumérisme à tous crins. Si le premier chapitre s'approxime à un film d'horreur potache et égrillard, le second volet, sobrement intitulé Hostel - Chapitre 2 (2007), affine davantage son syllogisme morbide. La franchise échoit alors entre les mains de Scott Spiegel via un inévitable Hostel - Chapitre 3 (2011). Ce sera l'opus de trop. Le long-métrage ne sortira même pas au cinéma et écumera les bacs via le support vidéo.

Mais peu importe, les franchises amorcées par Saw et Hostel relancent la mode du torture porn galvaudeux. En résulte toute une panoplie de productions peu ou prou analogiques. Les thuriféraires de ce registre cinématographique n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que The Collector (Marcus Dunstan, 2009), Excision (Richard Bates Jr., 2012), Pernicious (James Cullen Bressack, 2015), Perseveration (Adam Sotelo, 2012), Hoboken Hollow (Glen Stephens, 2006), See No Evil (Gregory Dark, 2006), Captivity (Roland Joffé, 2007), Borderland (Zev Berman, 2008), The Torturer (Lamberto Bava, 2006), ou encore Seed (Uwe Boll, 2007) parmi les longs-métrages notables et éventuellement notoires. Vient également s'additionner Living Death, réalisé par la diligence d'Erin Berry en 2006. Il faut se rendre sur le site IMDb et en particulier sur le lien suivant (Source : https://www.imdb.com/name/nm1642490/) pour glaner et déceler quelques informations sur ce metteur en scène américain.

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Selon nos sources, plutôt pingres pour l'occasion, Erin Berry a essentiellement officié en tant que producteur, surtout dans le registre de la série télévisée. En tant que cinéaste, il n'escompte qu'un court-métrage, Trinity Dogs (2005) et trois autres longs-métrages - Majic (2019), Time Bomb : Armée de Destruction Massive (2008) et bien sûr Living Death - à son actif. En raison de son budget famélique, Living Death n'a pas bénéficié d'une exploitation dans les salles obscures. Le métrage d'Erin Berry est condamné à se départir et à se colleter via le support DTV (direct-to-video).
Issu du circuit indépendant, ce torture porn sera également présenté en compétition dans divers festivals. Derechef, Living Death ne laisse pas de réminiscences impérissables, si ce n'est celui d'un film d'horreur lambda, au mieux anecdotique, voire supplétif.

Même les critiques se montrent plutôt sarcastiques et décrivent une série B amorphe, au mieux de facture conventionnelle. Reste à savoir si le film mérite - ou non - de tels anathèmes. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... La distribution de ce torture porn se compose de Kristy Swanson, Greg Bryk, Joshua Peace, Kelsey Matheson, Neil Foster, Marc Hickox, Mike Campbell, Vik Sahay, Jennifer Waiser, Rajiv Narang et Christopher Cordell. En l'occurrence, le synopsis de Living Death est plutôt élusif. Attention, SPOILERS ! Dans l'impossibilité de divorcer de Victor, Elizabeth tente de l'empoisonner. Plongé dans le coma, Victor voit, entend et ressent mais ne peut plus bouger, même durant... l'autopsie. Devenu fou, il s'échappe de la morgue et rêve de la plus atroce des vengeances.
Living Death démarre sous les chapeaux de roue via une fracture du tibia, très réaliste pour l'occasion. 

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Oui, à fortiori, le film d'Erin Berry part sous les meilleurs auspices. Au moins, Living Death cherche à se démarquer d'une concurrence apoplectique en se proposant de scruter de nouveaux didactismes turpides et putrides. Hélas, le long-métrage perd subrepticement de son pragmatisme. La faute incombe principalement à sa mise en scène anémique et digne d'un téléfilm. En sus, les principaux protagonistes sont, au mieux, soporifiques. De facto, difficile d'adhérer et de se passionner sur cette histoire de vindicte personnelle. Dommage car on relève parfois quelques bonnes idées et finauderies, hélas prestement noyées par de nombreuses chutes de rythme.
Formellement, Living Death se veut profondément misanthrope et fustige les moeurs d'une bourgeoisie réfractaire. Hélas, un tel sophisme aurait mérité un bien meilleur étayage. Après un préambule éloquent et en apothéose, le spectateur éberlué devra faire preuve de longanimité et patienter un long moment avant d'assister à de nouvelles érubescences. Paradoxalement, c'est lors de ses vingt dernières minutes que Living Death retrouve un peu de morgue et de virulence. Certes, le film d'Erin Berry a écopé d'une interdiction aux moins de 16 ans. Toutefois, ce n'est pas Living Death qui risque de faire ciller l'hégémonie rogue de Saw et Hostel. Toujours la même antienne...
Bref, un torture porn plutôt inférieur à la moyenne habituelle... Et évidemment, ce n'est pas un compliment ! Chronique succincte aujourd'hui, mais sincèrement, je ne vois pas quoi dire de plus sur ce film...

 

Note : 08.5/20

 

sparklehorse2 Alice In Oliver