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Genre : science-fiction, comédie
Année : 1973
Durée : 1h13

Synopsis : Les aventures d'Omer qui se retrouve téléporté malgré lui sur une planète mystérieuse. Sur place, il fait la connaissance de l’équipage de l’Enterprise. Mais les astronautes sont bientôt les victimes d'une étrange épidémie. L'essence de ce mal semble se trouver sur une mystérieuse planète. Pour éradiquer ce mal, Omer et ses nouveaux acolytes décident d'explorer cette nouvelle contrée. Sur place, ils doivent se départir et se colleter avec de mystérieux aliens

 

La critique :

On oublie souvent de le dire et de le préciser. Mais avec Plan 9 From Outer Space (Ed Wood, 1959), Turkish Star Wars (Cetin Inanç, 1982) reste le plus grand nanar science-fictionnel jamais réalisé. Inénarrable, totalement extravagant et fantasque, cette production iconoclaste est évidemment une parodie de Star Wars : La Guerre des Etoiles, mais pas seulement... En l'occurrence, comme l'intitulé l'indique, Turkish Star Wars nous provient de la Turquie. Si le long-métrage reste relativement méconnu du grand public, il a - à contrario - conquis le coeur des thuriféraires de nanars. Ces derniers, extatiques, le répertorient souvent parmi les films les plus ubuesques de tous les temps. Autant l'annoncer sans ambages. Turkish Star Wars n'a absolument pas usurpé sa réputation sulfureuse !
Opportuniste, Cetin Inanç s'approprie le film de George Lucas et signe un long-métrage histrionique, épars et finalement cacophonique ; à l'instar de sa bande son dissonante, qui reprend sans vergogne la musique originale de Star Wars, ainsi que celle d'Indiana Jones.

Bienvenue dans le nanar à la sauce kebab ! Par le passé, Cinéma Choc vous a déjà dispensés de certains nanars improbables. Ainsi, Turkish Star Wars (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2015/07/30/32107216.html), Turkish Superman (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2016/06/24/33410727.html), Turkish Exorcist (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2016/06/13/33354937.html), Turkish E.T. (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2016/07/13/33521539.html) et Turkish First Blood 2 (Source : ) ont déjà fait l'objet de chroniques intempestives dans les colonnes du blog ! 
Ce n'est pas la première fois que le cinéma turc reprend... Pardon... photocopie... encore pardon... plagie (éhontément) les grands succès hollywoodiens. 

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Que ce soit Rambo, Rocky, Star Trek, Spider-Man ou encore Bruce Lee, tous ces films et/ou toutes ces icônes connaîtront leur avatar turc. En outre, la chronique du jour concerne la saga Star Trek. A l'instar de Star Wars, cette franchise lucrative connaîtra sa myriade de clones et d'avatars. La genèse de Star Trek débute dès 1966 via une série télévisée éponyme. Treize longs-métrages seront produits, réalisés et cornaqués au fil des décennies. Cet univers se déploie dans un contexte martial et se déroule après une guerre post-apocalyptique. Au cours de ses pérégrinations, l'Humanité est parvenue à créer le voyage spatio-temporel. Mieux, la téléportation nous permet désormais de lutiner et de s'accointer avec d'autres factions aliens. Voilà, en gros, pour l'exégèse - très succincte - de l'univers Star Trek. En l'espace de quelques décennies, cette franchise est devenue aussi célèbre (ou presque) que Star Wars

En raison de son succès pharaonique, Star Trek s'exporte sur la scène internationale. Preuve en est avec Turkish Star Trek, réalisé par la diligence (sic...) d'Hulki Saner en 1973. Il faut se rendre sur le site IMDb et en particulier sur le lien suivant (Source : https://www.imdb.com/name/nm0762517/) pour glaner et déceler quelques informations élusives sur ce metteur en scène. Inutile de mentionner sa filmographie. Mais, à priori, Hulki Saner peut s'enhardir de plus d'une centaine de longs-métrages à son actif. Les plus célèbres (si j'ose dire...) se nomment Ilk Ask (1960), Zorlu Damat (1962), Nilüfer Orman Ciçegi (1960), Gülizar (1972) et évidemment Turkish Star Strek. Toutes ces productions connaîtront une sortie pour le moins discrète et confidentielle.
Seul Turkish Star Trek fait office de production notable et éventuellement notoire.

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Ne cherchez pas. En raison de son budget famélique digne d'une série Z, Turkish Star Trek a néanmoins conquis les adulateurs de nanars. Turkish Star Trek a donc connu un regain de notoriété par l'entremise d'une site Nanarland via une chronique sarcastique et truculente (Source : https://www.nanarland.com/Chroniques/chronique-turkishstartrek-turkish-star-trek.html). Selon le site, le film est disponible en DVD, mais en version originale non sous-titrée, sur le site de l'éditeur américain "5 minutes to live" (Source : www.5minutesonline.com). Pour s'octroyer une telle rareté, l'amateur patenté devra faire preuve de longanimité et dépenser une bonne partie de sa pécune. La distribution du film risque de ne pas vous évoquer grand-chose, à moins que vous connaissiez les noms de Sadri Alisik, Cemil Sahbaz, Erol Amaç et Kayhan Yildizoglu ; mais j'en doute...

Non, Turkish Star Trek n'est pas un remake, ni une transposition libre de la célèbre série télévisée des années 1960. Turkish Star Trek est donc conçu, pensé et ratiociné à la fois comme un film de science-fiction, une comédie et même une parodie de la série télévisée originelle. Attention, SPOILERS ! Les aventures d'Omer, un vulgaire trublion, qui se retrouve téléporté malgré lui sur une planète mystérieuse. Sur place, il fait la connaissance de l’équipage de l’Enterprise. Mais les astronautes sont bientôt les victimes d'une étrange épidémie. L'essence de ce mal semble se trouver sur une mystérieuse planète. Pour éradiquer ce mal, Omer et ses nouveaux acolytes décident d'explorer cette nouvelle contrée. Sur place, ils doivent se départir et se colleter avec de mystérieux aliens.
Vous l'avez donc compris. Turkish Star Trek brille avant tout par son scénario amphigourique. 

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En guise de préambule, le générique laconique nous présente un univers spatial étrangement orangé, parfois hachuré par des couleurs noirâtres et disparates. Puis, nous faisons connaissance avec Mister Spock... Pardon... Nous faisons connaissons avec Mister Spak. Lui aussi est affublé d'une coiffure lisse et d'oreilles en caoutchouc, hélas visibles aux yeux éberlués du spectateur désabusé. Là aussi, il est question de voyage spatio-temporel et de téléportation. Quant à la planète extraterrestre, elle ressemble - plus que jamais - à notre bonne vieille planète. L'essentiel du long-métrage se déroule soit dans le désert, soit sur des surfaces rugueuses et rocailleuses.
Autant l'annoncer sans ambages. Non, Turkish Star Trek ne réédite pas les fulgurations fantasques de Turkish Star Wars.

Comme le stipule Runik, un des auteurs polymathiques de Nanarland, il manque à ce Turkish Star Trek un brin de folie supplémentaire, ainsi que de la présence d'un Cuneyt Arkin (l'acteur principal du même Turkish Star Wars), pour hisser ce nanar vers une bêtise stratosphérique. Toutefois, Turkish Star Trek n'élude pas certaines impérities habituelles. La musique du film est évidemment calquée sur la série originelle. Là aussi, on relève une bande son cacophonique, des erreurs de montage, une interprétation indigente, ainsi que de nombreuses chutes de rythme, hélas préjuciables au rythme du film. Heureusement, les choses s'accélèrent réellement une fois notre équipage arraisonné sur une planète mystérieuse. Une fois sur place, ils devront s'empoigner avec une créature protéiforme et capable de préempter l'aura de ses victimes. Quant à la colonie d'extraterrestres, elle se résume à de jeunes adulescents en maillots de bain qui se hâtent et se déhanchent devant nos protagonistes hébétés.
Oui, Turkish Star Trek contient son lot de saynètes funambulesques et de fanfaronnades. Oui, le long-métrage est filmé comme les pieds et devrait ravir les thuriféraires de nanars improbables. 
Mais, dans le même genre, on lui préférera amplement Turkish Star Wars, mais aussi Turkish Superman et autres Turkish Rocky.

 

Côte : Nanar

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