au service de satan 2004

Genre : Horreur, épouvante, slasher (interdit aux - 12 ans)
Année : 2004
Durée : 1h36

Synopsis : Un jeune garçon naïf devient à son insu le pion d'un tueur en série. 

La critique :

Lorsque l'on invoque le slasher, on songe invariablement aux sagas Vendredi 13, Halloween, Massacre à la Tronçonneuse, Chucky et A nightmare on Elm Street. Si la genèse de ce registre cinématographique acte et officialise sa naissance via Black Christmas (Bob Clark, 1974), on décèle déjà les tous premiers rudiments et les linéaments avec Le Voyeur (Michael Powell, 1960) et Psychose (Alfred Hitchcock, 1960). Mais c'est bien Black Christmas qui impose et érige la figure sociopathique du croquemitaine en amalgamant huis clos, horreur et home invasion anxiogène.
Narquois, John Carpenter réitérera peu ou prou le même syllogisme analogique via Halloween, la nuit des masques (1978). Seule dissimilitude et pas des moindres, le croquemitaine n'a pas vraiment de faciès et incarne le mal absolu.

Factieux et turpide, Michael Myers préfigure cette menace indicible qui vient subrepticement occire et assaillir des étudiants peu farouches. Seule la jolie Laurie Strode, une adulescente pudibonde, échappe de justesse au courroux du psychopathe écervelé. On retrouve également cette pruderie ostentatoire à travers A Nightmare on Elm Street et Vendredi 13. Dans le cas de Vendredi 13 (Sean S. Cunningham, 1980), les animosités se déroulent à la lisière de Crystal Lake. Cette fois-ci, le croquemitaine étrille et estampe des étudiants gouailleurs et ripailleurs.
Narquois, Sean S. Cunningham s'échine à mettre en exergue un tueur en série indicible et énigmatique. Ce dernier n'est autre que Madame Voorhees, une matriarche sévèrement courroucée depuis le décès de son fils Jason.

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Le corps de l'adulescent monstrueux git quelque part dans les tréfonds de Crystal Lake. Suite au succès pharaonique du premier Vendredi 13, il était logique que le jouvenceau revienne d'entre les morts pour étriller - à son tour - la caste estudiantine. Tel sera, par ailleurs, le principal apanage des chapitres consécutifs. Jason Voorhees devient une figure iconique du cinéma d'horreur. Et peu importe si le célèbre boogeyman est empalé, démembré, écartelé, anatomisé ou encore tuméfié. Durant les années 1980, le slasher est au faîte de sa gloire. 
A leur tour, Michael Myers, Freddy Krueger et autres Leatherface se délectent de jeunes éphèbes qu'ils estampent et étrillent avec une jubilation à peine dissimulée. Corrélativement, le public commence déjà se lasser de ces pellicules peu ou prou analogiques.

Dès la fin des années 1980, le slasher est en berne et peine à retrouver ses lettres de noblesse de naguère. Et c'est ce qu'a parfaitement compris Wes Craven. Plus personne ne semble en mesure de raviver un genre en désuétude. Alors autant s'ébaudir de ces mêmes préceptes qui ont marqué la quintessence du slasher entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980. C'est dans cette nouvelle dialectique que s'inscrit Scream (Wes Craven, 1996), un film d'épouvante qui fait voeu d'obédience à Halloween, la nuit des masques et autres Vendredi 13
La recette se révèle fructueuse, à tel point que Scream se transmute à son tour en saga opulente via trois nouveaux chapitres consécutifs. Mieux, le long-métrage de Wes Craven se décline en slasher prépubère via les succès concomitants d'Urban Legend (Jamie Blanks, 1999) et de Souviens-toi... L'été dernier (Jim Gillespie, 1997).

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Toutefois, rien de neuf à l'horizon si ce n'est que le slasher se contente de psalmodier les bonnes vieilles recettes de jadis. Toutefois, parmi toutes ces productions analogiques, on relève parfois quelques longs-métrages dénotatifs. Preuve en est avec Au Service de Satan, soit Satan's Little Helper dans l'idiome de Shakespeare, et réalisé par la diligence de Jeff Lieberman en 2004. Attention à en pas confondre ce long-métrage horrifique avec un autre film éponyme et cornaqué par les soins de Frank Q. Dobbs en 1972. A a fois scénariste et metteur en scène issu du cinéma indépendant américain, Jeff Lieberman démarre sa carrière cinématographique vers l'orée des années 1970 via un court-métrage, The Ringer (1972), par ailleurs inconnu au bataillon et inédit dans nos contrées hexagonales. A posteriori, il enchaînera avec Le Rayon Bleu (1976), La nuit des vers géants (1976), Doctor Franken (1980), Meurtres en VHS (1988) et But... Seriouly (1994).

Pas besoin d'être mutin ni extralucide pour subodorer les accointances entre Jeff Lieberman et le cinéma bis. A ce sujet, Au service de Satan est une pure série B d'exploitation. On peut même invoquer une série Z en raison de son budget famélique. La distribution du long-métrage se compose d'Alexander Brickel, Katheryn Winnick, Stephen Graham, Amanda Plummer, Wass Stevens, Dan Ziskie, Melisa McGregor, Joshua Annex, Joyce R. Korbin et Anthony Ardolino. Attention, SPOILERS ! (1) Doughie Whooly est un petit garçon de neuf ans qui vit avec ses parents dans une petite bourgade tranquille des Etats-Unis. Passionné de jeux vidéos, il développe une obsession pour un titre douteux et violent : Satan's little helper. C'est la période d'Halloween, et tout naturellement sa mère lui a confectionné pour l'occasion un déguisement inspiré de son jeu préféré. Qui plus est, Jenna, sa soeur aînée, rentre de l'université pour les festivités.

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S'il y a bien une personne que Doughie aime par dessus tout, c'est elle... Et lorsqu'elle arrive en compagnie de son nouveau petit copain Doughie, dépité, fait une crise de jalousie et décide de faire la tournée d'Halloween tout seul. Alors qu'il erre dans son voisinage, le petit garçon aperçoit un homme déguisé en diable, occupé à mettre en place une décoration d'Halloween sous le porche d'une propriété privée. Ce déguisement lui rappelle le personnage principal de son jeu fétiche et, fasciné, il décide d'aller à sa rencontre pour lui proposer son aide pour la soirée. Ce que Doughie ignore, c'est que l'homme en question est un tueur psychopathe qui confectionne des décorations d'Halloween grandeur nature avec les corps de ses victimes ! (1) Autant l'annoncer sans ambages. 
Ce n'est pas Satan's Little Helper
 qui fera ciller l'hégémonie rogue de Vendredi 13 ou encore Halloween, la nuit des masques.

Paradoxalement, Au service de Satan n'a pas de telles aspérités. Toutefois, en dépit de son impécuniosité, hélas ostensible sur la durée, Satan's Little Helper parvient à se démarquer, notamment en proposant une introspection sur cette frontière ténue entre le jeu, la cruauté et la réalité. C'est sûrement la raison pour laquelle Au Service de Satan fonctionne comme une sorte de buddy movie. En l'occurrence, le tandem est ici formé par un croquemitaine vêtu des oripeaux de Satan (d'où l'intitulé du film) et un jeune gosse, Doughie Whooly. Sur ces entrefaites, le métrage de Jeff Lieberman se montre plutôt éloquent lorsqu'il se polarise sur ce binôme antinomique.
De prime abord, le jeune Doughie s'esclaffe devant les pitreries du diablotin, puis finit par comprendre les roueries et les félonies du sociopathe. Bon gré mla gré, le jeune bambin devient l'assistant du Diable. Cette segmentation reste - derechef - la section la plus probante de cette série B (série Z...) inconséquente. A contrario, Satan's Little Helper perd de sa verve et de sa luminescence lorsqu'il se centre sur le véritable faciès de son boogeyman. Dommage, par ailleurs, que le film de Jeff Lieberman se montre aussi pingre et timoré en termes d'érubescences. Avec davantage de morgue et de virulence, Au Service de Satan aurait pu aisément s'inscrire parmi les slashers notables et éventuellement notoires. En l'état, Satan's Little Helper reste un film d'épouvante probe et convenable, mais guère davantage. 

 

Note : 10.5/20

(1) Synopsis du film : https://www.psychovision.net/films/critiques/fiche/224-au-service-de-satan

sparklehorse2 Alice In Oliver