LaVenereDIlle

Italie / 1978 / 60 min

Réalisateur : Mario Bava, Lamberto Bava

Scénaristes : Lamberto Bava, Cesare Garboli

Auteur de l'oeuvre originale : Prosper Mérimée d'après la nouvelle "La Vénus d'Ille"

Société de production: Rai 2

Producteur : Franca Franco

Directeurs de production : Massimo Alberini, Gianni Federici, Bruno Ricci

Directeur de la photographie : Nino Celeste

Compositeur de la musique originale : Ubaldo Continiello

 

 

Interprètes : Daria Nicolodi (Clara), Marc Porel (Matthieu), Fausto Di Bella (Alphonse de Peyrehorade), Adriana Innocenti (Madame de Peyrehorade), Diana De Curtis (Maria), Francesco Di Federico (le guide), Mario Maranzana (Monsieur de Peyrehorade), Franca Scagnetti (une invitée gourmande au mariage), Massimo Pittarello (le chef des joueurs de pelote), Fabrizio Bava (le petit garçon)

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Synopsis : Découvrant dans sa propriété une statue de Vénus, M. de Peyhorade demande à un jeune spécialiste de l'expertiser. Celui-ci tombe immédiatement amoureux de la belle-fille du propriétaire qui ressemble étrangement à la statue.

 

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Ce film d'une heure, dirigé conjointement par Mario et Lamberto Bava, est le dernier film de l'immense Mario BAVA, et le premier pour son fils Lamberto : Démons 1 et Démons 2, Baiser macabre, Blastfighter l'exécuteur (un sous-R ambo)... Et son meilleur de mon point de vue, un giallo assez ingénieux, Delirium en 1987. Mario Bava meurt à Rome, d'une crise cardiaque, le 27 avril 1980, quelques semaines avant de commencer un nouveau film, un space opéra, Star ExpressPour la petite histoire, Mario Bava, en 1960, met ainsi en scène son premier long métrage,  Le Masque du démon, oeuvre poétique et gothique, considérée comme un classique du cinéma horrifique.
Après avoir signé un péplum, Hercule contre les vampires (magnifiquement mis en image, une splendeur totale dans les profondeurs de l’enfer), il réalise le premier giallo de l’histoire, La Fille qui en savait trop en 1963.

Avec 6 Femmes pour l'assassin, il signera son chef d’oeuvre. Le film est le sommet du giallo. Quel que soit le genre, l'Italien impose son style baroque. La planète des vampires aux couleurs chatoyantes charme les cinéphiles malgré un famélique scénario (Il influença ALIEN de SCOTT). Argento se souviendra des leçons du maître pour ses magnifiques films SUSPIRIA et INFERNOOpération peurUne hache pour la lune de miel, L'Île de l'épouvante témoignent du talent de BAVA. En 1971, il lance le genre slasher avec La Baie Sanglante, bien avant Vendredi 13. Suivront des oeuvres plus confidentielles comme Lisa et le Diable et Baron vampire, avant que Bava ne signe son avant dernier film, Shock, en compagnie de son fils LambertoRevenons au chant du cygne du maestro MARIO BAVA, est-il à la hauteur d’un tel créateur ?

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Ce film a été réalisé pour une mini-série italienne intitulée I GIOCHI DEL DIAVOLO (LES JEUX DU DIABLE), composée de six films d'une heure de différents réalisateurs, tous basés sur des histoires d'horreur du 19e siècle. LA VENERE D'ILLE (THE VENUS OF ILLE) fut filmé en 1978 et diffusé en 1981. L'histoire originelle, la « Vénus d'Ille » de Prosper Mérimée écrite en 1835 sur une statue vivante au pouvoir maléfique a été à l'origine de plusieurs films au cours du siècle dernier, dont un muet autrichien de 1922 et une adaptation télévisée polonaise de 1969 par le réalisateur Janusz Majewski .

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Dans les bois qui bordent le domaine du fabuleusement riche M. De Peyhorrade, une statue en bronze d'une belle femme est déterrée. Celle-ci tombera, cassant la jambe d'un homme. Le jeune expert en antiquité, Matthieu, parisien, est contacté pour examiner la statue qui réside maintenant dans un jardin sur la propriété de De Peyhorrade. Matthieu est très impressionné par la statue, mais encore plus par Clara, la future épouse d'Alfonso, le fils de M. De Peyhorrade plutôt volage. Le jour du mariage, Alfonso dépose la bague promise à Clara au doigt de la statue pour festoyer librement, participant ainsi à une partie de tennis. Alfonso oubliera de récupérer la bague et doit donc utiliser une autre bague pendant la cérémonie. Par la suite, Alfonso énonce à Matthieu qu'il a tenté de retirer la vraie bague du doigt de la statue, mais il lui a été impossible de retirer celle-ci, la main de la statue serrant celle d’Alfonso.
Matthieu décide d'enquêter mais il est confronté à Clara dans le jardin - ou plus exactement à la statue sous les traits de Clara. Ils s'embrassent, puis « Clara » disparaît. 
Plus tard dans la nuit, la vraie Clara se prépare à sa nuit de noce. Elle est approchée dans son lit par Alfonso, mais la vénus malveillante en décidera autrement...

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Ce film est-il à la hauteur du génie de Mario Bava ? Non, cependant, il contient quelques fulgurances visuelles marquant de son sceau le style BAVA ; en particulier une mise au point d'un plan large de Matthieu à un gros plan des yeux de Clara, rehaussé par un éclairage magnifique que seul Mario Bava pouvait réaliser. La traque décisive de Clara dans sa chambre est tout aussi impressionnante et également magnifiée par une illumination multicolore de Bava (même si la copie visionnée laisse à désirer). Au-delà de ces plans, le film est assez bavard et plutôt anodin. Pour autant, ce film n’est pas totalement inintéressant. Daria Nicolodi (Les démons de la nuit, Ténèbres, Phenomena, Inferno...), la muse d’un certain ARGENTO trouve grâce dans cet œuvre.
N’oublions pas qu’il s’agit d’un téléfilm : les restrictions budgétaires, le manque de temps n’auront pas permis aux BAVA de réussir cette dernière œuvre même s’il se dégage un certain charme désuet et une poésie certaine.

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Ainsi, en 1980, une légende du cinéma disparaissait, laissant un héritage filmique où nombre de réalisateurs puiseront, où nombre de spectateurs se délecteront devant tant de merveilles… Un cinéma à jamais disparu. Ne nous reste que des BLU RAY attestant du talent du réalisateur. Si Newton avec son fameux prisme put décomposer la lumière blanche en sept couleurs, Bava magnifia ces sept couleurs tout au long de ces prodigieux films. Newton et Bava, au fond, ne désiraient que beauté et poésie... Qu’ils en soient remerciés. Soyons magnanime sur la note, eu égard au génie de BAVA.

 

Note : 10/20

 

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