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Date de sortie : 1983

Pays : Italie/Espagne/Mexique Durée : 89 min Genre : Heroic Fantasy

Réalisateur : Lucio Fulci

Scénaristes : Gino Capone,José Antonio De La Loma,Carlos Vasallo,Giovanni Di Clemente

Acteurs : Jorge Rivero,Andrea Occhipinti,San Martín,Violeta Cela,José Gras

Musique : Claudio Simonetti

 

Synopsis : A l'aube de l’humanité, un jeune homme (Ilias) aidé d’un guerrier solitaire nommé MACE, s'unissent pour lutter contre la puissance maléfique d'Ocron, la reine-sorcière des hommes-loups... Traqués dans une forêt ensorcelée, capturés par les hommes-taupes, ils devront vaincre le mal et libérer le monde, aidés en cela d’un arc aux pouvoirs ultimes.

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Nous sommes en l’an de grâce 1983, le bis italien étale dans le monde cinématographique son savoir-faire : la recette est connue et les italiens sont les maîtres absolus du dispositif. Tout débuta par la trinité filmique : MAD MAX 2 de G. MILLER, La guerre du feu d’ANNAUD et le Mythique CONAN LE BARBARE du burné JOHN MILIUS. Les entrées faramineuses récoltées par ces trois films vont permettre d’initier aux producteurs italiens des multiples copies de ces pellicules. Nombre de sous MAD MAX, d’aventures exotiques, de sous CONAN sont produits et réalisés en des temps records. Corollaire du dispositif, les films restent bien souvent médiocres. Quelques pépites apparaîtront, notamment grâce à des réalisateurs déjà affirmés (Fulci, Lenzi, d’Amato, Deodato, Martino…).
En 1982, Conan eut un succès mondial ; comme de bien entendu, les italiens et quelques opportunistes tel Corman (producteur infatigable) réalisèrent leur CONAN.

LA GUERRE DU FER d'Umberto Lenzi, YOR LE CHASSEUR DU FUTUR d'Antonio Margheriti, THOR LE GUERRIER (une purge sans nom), ATOR 1 et 2 de Joe d'Amato, SANGRAAL de Michele Massimo Tarantini sont donc proposés dans d’obscures salles de vieux cinéma (ah le REX de mon bled FIGEAC, j’ai vu CANNIBAL FEROX en grand écran, le bonheur). Un temps où les moins de VINGT ans (salauds les jeunes, la covid , c’est votre faute…) ne connaîtront jamais (et toc !). En ces temps ancestraux, le gore et le fantastique fusionnaient, Fulci portant le genre à un niveau macabre jamais vu, le poète du gore se révélait enfin après d’obscures comédies insignifiantes.
Sa quadrilogie de l’horreur et ses quelques giallos démontrèrent au monde son réel talent. 
Après un médiocre La malédiction du pharaon, son producteur propose à FULCI de réaliser un CONAN nommé CONQUEST. Celui-ci sera réalisé en Sardaigne et dans les studios Elios de Rome. 
Au générique, deux figures emblématiques, RIVERO Jorge, star mexicaine reconnue et Sabrina Siani (actrice italienne) bien connue des bisseux pour son jolie minois. A son CV un certain Mondo cannibal de Jess Franco (indéfendable), 2020 texas gladiators de Joe d’Amato (sympa)... Elle quitta les plateaux en 1989, à l'âge de 26 ans.

La critique :

Il est des films où la doxa impose à son petit comité de lecteurs sa piètre opinion, pestant sur la vacuité du produit sans pour autant réfléchir quelque peu. Conspué, raillé, voué aux pires enfers, Conquest fut pour Fulci un calvaire tant les crétines critiques s'abattirent sur ce film. Pourquoi tant de moqueries ? Il est aisé au travers de quelques maquillages de volontairement discréditer un juste réalisateur. Oui, ce film n'est certainement pas le Citizen kane de l'histoire du cinéma, mais il restera comme l'ultime poème barbare de son temps.

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Ilias (Andrea Occhipinti), un jeune aventurier, entreprend de débarrasser un royaume fantastique du mal qui le hante. Alors qu'il se fraye un chemin à travers un paysage surréaliste, il est rejoint par Mace (Jorge Rivero), un anti-héros solitaire qui est un combattant expérimenté et un ami des animaux (ne riez pas, les animaux sont nos amis). Le mal auquel ce duo fait face est représenté par Ocron (Sabrina Siani), une sorcière au masque d'or qui utilise tous les moyens surnaturels à sa disposition pour arrêter le duo héroïque.

 

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Fulci entrevoyait le genre par une esthétisation surréaliste et en cela le directeur de la photographie, Alejandro Ulloa, conçut des filtres de couleur inhabituels donnant à tout le film un aspect et une sensation d'hallucination nappée par un éternel brouillard conférant toute la poésie sauvage que réclamait un monde de barbarie. Se tisse également dans des séquences de rêve et des hallucinations de nos héros une vision d'un monde inconnue, un ailleurs imaginaire où magie et êtres difformes coexistent. Et puis, nous retrouvons la touche « Fulci » en tout cela : il repousse les limites ici avec pléthores d'immolations. Des êtres se font écraser le sommet de la tête, les plaies suintent, les cerveaux sont dégustés. Oui, nous sommes chez le maître Fulci, chers sapiens.

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Cela dit, le style surréaliste à lui seul ne peut pas faire fonctionner un film - et heureusement, Fulci offre à son spectateur une aventure fantastique sans temps mort. Le film est traversé continuellement d'attaques de soldats surnaturels portant des masques de loups, d'hommes-poissons aux yeux d'insectes, de très bons effets visuels (flèches laser du plus bel effet, années 80 obligent ! Le premier qui rit sera empalé par mes soins !) ; Occhipinti et Rivero formant une équipe de héros attrayante.

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En bref, Conquest est un régal étrange et merveilleux pour tous ceux qui s'intéressent au côté bis et expérimental, des imitations de Conan des années 80 et ce embelli par une partition de synthé new age de Claudio Simonetti. Bien entendu, face aux monstrueux CGI d'un Avengers, il serait impensable d'effectuer une quelconque comparaison. Ici, on crée avec des techniciens présents sur des plateaux, sans ordinateurs, sans fonds verts, un cinéma d'artisans. De même, il faudra réhabiliter LUIGI COZZI pour son splendide STAR CRASH et son HERCULES (Lou Ferrigno est le seul HULK valable dans un jolie verdâtre pyjama).

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Le blu-ray proposé rend justice au plaisir visuel du film, ne boudez pas votre bonheur, offrez-vous un vent expérimental bisseux, l'expérience est unique, il serait dommage de se priver d'un tel présent. Ne soyez pas WTF, retrouvez votre âme d'enfant s'émerveillant au travers de bobines inédites... Conquest mérite un regard bienveillant, assurément.

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NOTE : 15,75/20 

 


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