origine inconnue

Genre : horreur, épouvante, agression animale (interdit aux - 12 ans)
Année : 1983
Durée : 1h28

Synopsis : Une famille heureuse, un travail rémunérateur, une grande maison confortable à New York... Bart Hughes a réussi sa vie. En plein été, alors que sa femme et son fils sont partis en vacances, il s'enferme chez lui pour se consacrer à un projet professionnel. Mais des rats grouillant dans la cave perturbent la concentration du propriétaire, qui entend se débarrasser au plus vite de ces parasites. Cette lutte tourne bientôt à l'obsession.  

La critique :

Vous l'avez sans doute constaté, renâclé et même subodoré. De temps à autre, Cinéma Choc aime se polariser sur le genre "agression animale". Que les adulateurs du blog (mais enfin, qui sont-ils ?) se rassérènent. Via cette chronique, nous ne commettrons pas l'offense d'itérer la genèse et l'historique de ce sous-registre du cinéma bis et d'exploitation. En l'occurrence, c'est le succès pharaonique de Les Dents de la Mer (Steven Spielberg, 1975) qui va attribuer ses lettres de noblesse à un genre à la fois carnassier et rutilant. Ainsi, requins, crocodiliens, piranhas, poissons voraces et autres crotales affamés vont devenir les principaux leitmotivs du cinéma horrifique. 
Impression corroborée par les sorties de Piranhas (Joe Dante, 1978), La Mort au large (Enzo G. Castellari, 1981), la saga Lake Placid (initiée par Steve Miner en 1999), Orca (Michael Anderson, 1977), Frankenfish (Mark A.Z. Dippé, 2004), ou encore Peur Bleue (Renny Harlin, 1999).

Du statut de blockbuster, l'agression animale va subrepticement se transmuter en série B impécunieuse. Bientôt, l'océan doit s'évincer et se phagocyter pour laisser sa place à une menace diligentée sur notre bon sol terrestre. Nos amis les insectes seront évidemment les précieux convives de ce genre iconoclaste et tout d'abord sous le joug des radiations atomiques et nucléaires. Ainsi, Them ! Des Monstres Attaquent la Ville (Gordon Douglas, 1954), La Chose surgit des Ténèbres (Nathan Juran, 1957) et Beginning of the End (Bert I. Gordon, 1957) annoncent des temps peu cléments et assujettis à la menace radioactive. Parfois même, nos chers insectes sont les victimes infortunées des expériences humaines. Preuve en est avec les sorties concomitantes de La Mouche Noire (Kurt Neumann, 1958), Le Retour de la Mouche (Edward Bernds, 1959) et La Malédiction de la Mouche (Don Sharp, 1965).

 

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Que ce soit les cafards hideux et miteux (Voyage au bout de l'horreur, Terence H. Winckless, 1988), les abeilles tueuses et venimeuses (L'inévitable catastrophe, Irwin Allen, 1978), les guêpes hargneuses (Deadly Swarm, Paul Andresen, 2003), ou encore les moustiques gloutons et plantureux (l'inénarrable Mosquito, Gary Jones, 1995), toutes ces productions adventices expriment cette peur indicible de la fin du monde. Un jour ou l'autre, l'espèce humaine sera éradiquée et supplantée par une nouvelle espèce dominante. Bon gré mal gré, l'agression animale est corrélée avec la dialectique darwinienne. Et nos amis les rongeurs dans tout ça ? 
En l'occurrence, ces derniers ne sont pas en reste. Régulièrement, le cinéma d'horreur (ou de science-fiction parfois...) ravive l'appétit pantagruélique de nos chers rodentiens.

Là aussi, on décèle toute une panoplie de productions adventices, notamment Mulberry Street (Jim Mickle, 2008), Ratman (Giuliano Carnimeo, 1988), Soudain... Les Monstres (Bert I. Gordon, 1976), Ratboy (Sondra Locke, 1986), Altered Species (Serge Rodnunsky, 2001), La Malédiction des Rats (Damian Lee, 1989), Rat Scratch Fever (Jeff Leroy, 2011) ou encore Les Rats de Manhattan (Bruno Mattei, 1984). Vient également s'additionner D'Origine Inconnue - Terreur à Domicile, réalisée par la diligence de George Pan Cosmatos en 1983.
En outre, le cinéaste est un coutumier du cinéma bis. Le metteur en scène grec débute sa carrière cinématographique vers l'orée des années 1970 via The Beloved (1971), par ailleurs inconnu au bataillon et inédit dans nos contrées hexagonales.

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A posteriori, George Cosmatos enchaînera avec SS Représailles (1973), Le pont de Cassandra (1976), Bons baisers d'Athènes (1979), Rambo 2 - La Mission (1985), Cobra (1986), Leviathan (1989), Tombstone (1993) et Haute Trahison (1997). A l'origine, D'origine Inconnue est l'adaptation d'une nouvelle, The Visitor, de Chauncey G. Parker III.  En l'occurrence, Terreur à Domicile jouit d'une réputation plutôt flatteuse. Mieux, certains thuriféraires du cinéma bis le répertorient parmi les films du plus probants du genre "agression animale". Reste à savoir si D'Origine Inconnue mérite - ou non - de telles courtisaneries. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... La distribution du film se compose de Peter Weller, Jennifer Dale, Lawrence Dane, Louis Del Grande, Keith Knight, Kenneth Welsh, Shannon Tweed, Maury Chaykin et Leif Anderson.

Attention, SPOILERS ! (1) Bart Hugues, dynamique et ambitieux, cultive avec soin son cadre de vie : meubles anciens et luxueux, cuisine ultra moderne. Il est obsédé de la propreté, un champion toute catégorie du « Home Sweet Home ». Sa vie professionnelle est à l’image de sa vie privée. Cadre dans une grande entreprise, il serait promu aux plus hauts échelons si un intrus n’était pas entré dans sa vie et sa maison pour lui pourrir l’existence. Tout commence par des menus bruits, des objets renversés, des sachets grignotés... Puis la chose en prend de plus en plus à son aise et c’est la lente montée de l’agressivité qui correspond à une descente aux enfers pour Bart (1).
Pour ceux qui exècrent nos amis les rongeurs, merci de quitter expressément leur siège et de retourner gentiment dans leurs pénates !

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Certes, formellement, D'Origine Inconnue - Terreur à Domicile ne contient pas vraiment de saynètes gores et érubescentes. Consciencieux, George Cosmatos se joue de nos peurs archaïques. Ici, le séquences sont davantage suggérées, avec un véritable focus sur le faciès hideux de l'animal ! Sur ces entrefaites, Terreur à Domicile fait preuve de finauderie et manipule - avec un plaisir jubilatoire - nos peurs les plus ancestrales ! Pourtant, dans cette série B pur jus, il n'est point question d'une nouvelle forme d'invasion. La grande force du film réside dans cette analyse - en forme d'autoscopie mentale - de l'homme moderne, dans toute sa réussite, sa pusillanimité et surtout sa solitude.
En ce sens, le héros du film, Bart Hughes, est le parfait prototype de cet individu revêche et prétentiard. Certes, cet homme faraud est promu à de plus hautes prérogatives.

Paradoxalement, sa vie maritale et familiale est un fiasco intégral. La peur du rat (la musophobie) s'ébaudit justement de cette dichotomie. A l'instar de Les Dents de la Mer en son temps, Terreur à domicile intervertit la logique (à priori immuable) de la chaîne alimentaire. Le chasseur devient subrepticement le chassé et apprendra à ses dépens que les rats sont coriaces, très coriaces... Dixit les propres aveux de l'intéressé... En résulte une série B mutine et tonitruante, portée à bout de bras par un Peter Weller en mode histrionique ! Même George Cosmatos semble beaucoup s'amuser derrière sa caméra. Vous l'avez donc compris. D'origine Inconnue possède de solides arguties dans sa besace. Hélas, le film de Cosmatos n'est pas exempt de tout grief.
Les contempteurs ne manqueront pas de clabauder contre un prologue final beaucoup trop doucereux et croquignolet. In fine, ce long-métrage horrifique n'élude pas l'écueil de la redondance sur sa courte durée (à peine une heure et demie de bobine). Mais, en tant que série B (bis repetita...), D'origine inconnue - Terreur à domicile remplit doctement son office et devrait, de facto, ravir les aficionados du cinéma bis.

Note : 13/20

(1) Synopsis du film sur : http://www.dvdcritiques.com/Dvd/1188

sparklehorse2 Alice In Oliver