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Genre : horreur, gore, trash, slasher (interdit aux - 16 ans)
Année : 2005
Durée : 1h18

Synopsis : Le fils du Diable a perdu un pari contre un Ange et se voit contraint de passer les mille prochaines années à jouer au Père-Noël. A la fin de son gage, le "gentil" Père-Noël voit le Diable en lui prendre le dessus et commence à semer la mort sur son passage.  

La critique :

Lorsque l'on invoque le slasher, on songe invariablement aux sagas Vendredi 13, Halloween, Massacre à la Tronçonneuse, Chucky et A nightmare on Elm Street. Si la genèse de ce registre cinématographique acte et officialise sa naissance via Black Christmas (Bob Clark, 1974), on décèle déjà les tous premiers rudiments et les linéaments avec Le Voyeur (Michael Powell, 1960) et Psychose (Alfred Hitchcock, 1960). Mais c'est bien Black Christmas qui impose et érige la figure sociopathique du croquemitaine en amalgamant huis clos, horreur et home invasion anxiogène.
Narquois, John Carpenter réitérera peu ou prou le même syllogisme analogique via Halloween, la nuit des masques (1978). Seule dissimilitude et pas des moindres, le croquemitaine n'a pas vraiment de faciès et incarne le mal absolu.

Factieux et turpide, Michael Myers préfigure cette menace indicible qui vient subrepticement occire et assaillir des étudiants peu farouches. Seule la jolie Laurie Strode, une adulescente pudibonde, échappe de justesse au courroux du psychopathe écervelé. On retrouve également cette pruderie ostentatoire à travers A Nightmare on Elm Street et Vendredi 13. Dans le cas de Vendredi 13 (Sean S. Cunningham, 1980), les animosités se déroulent à la lisière de Crystal Lake. Cette fois-ci, le croquemitaine étrille et estampe des étudiants gouailleurs et ripailleurs.
Narquois, Sean S. Cunningham s'échine à mettre en exergue un tueur en série indicible et énigmatique. Ce dernier n'est autre que Madame Voorhees, une matriarche sévèrement courroucée depuis le décès de son fils Jason.

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Le corps de l'adulescent monstrueux git quelque part dans les tréfonds de Crystal Lake. Suite au succès pharaonique du premier Vendredi 13, il était logique que le jouvenceau revienne d'entre les morts pour étriller - à son tour - la caste estudiantine. Tel sera, par ailleurs, le principal apanage des chapitres consécutifs. Jason Voorhees devient une figure iconique du cinéma d'horreur. Et peu importe si le célèbre boogeyman est empalé, démembré, écartelé, anatomisé ou encore tuméfié. Durant les années 1980, le slasher est au faîte de sa gloire. 
A leur tour, Michael Myers, Freddy Krueger et autres Leatherface se délectent de jeunes éphèbes qu'ils estampent et étrillent avec une jubilation à peine dissimulée. Corrélativement, le public commence déjà se lasser de ces pellicules peu ou prou analogiques.

Dès la fin des années 1980, le slasher est en berne et peine à retrouver ses lettres de noblesse de naguère. Et c'est ce qu'a parfaitement compris Wes Craven. Plus personne ne semble en mesure de raviver un genre en désuétude. Alors autant s'ébaudir de ces mêmes préceptes qui ont marqué la quintessence du slasher entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980. C'est dans cette nouvelle dialectique que s'inscrit Scream (Wes Craven, 1996), un film d'épouvante qui fait voeu d'obédience à Halloween, la nuit des masques et autres Vendredi 13
La recette se révèle fructueuse, à tel point que Scream se transmute à son tour en saga opulente via trois nouveaux chapitres consécutifs. Mieux, le long-métrage de Wes Craven se décline en slasher prépubère via les succès concomitants d'Urban Legend (Jamie Blanks, 1999) et de Souviens-toi... L'été dernier (Jim Gillespie, 1997).

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Toutefois, rien de neuf à l'horizon si ce n'est que le slasher se contente de psalmodier les bonnes vieilles recettes de jadis. D'ailleurs, le Père Noël n'échappera pas non plus à la vindicte du slasher. Lui aussi peut s'enhardir de toute une pléthore d'érubescences, la plupart du temps absconses. Les thuriféraires de ce sous-registre du cinéma d'exploitation n'omettront pas de stipuler Christmas Evil (Lewis Jackson, 1980), Don't Open Till Christmas (Edmund Purdom, 1984), Douce nuit, sanglante nuit (Charles E. Sellier Jr., 1984), Santa Claws (John A. Russo, 1996), ou encore Père Noël : Origines (Jalmari Helander, 2010) parmi les productions notables et éventuellement notoires.
Vient également s'additionner Very Bad Santa, réalisé par la diligence de David Steinman en 2005. En outre, le metteur en scène est complètement inconnu du bataillon.

Que ce soit sur Wikipédia ou IMDb, le cinéaste fait figure d'illustre anonyme aux yeux de l'industrie cinématographique. Selon nos sources, quasiment inexistantes pour l'occasion, Very Bad Santa constituerait la seule et unique réalisation de l'artiste fantoche. En raison de son statut de série B désargentée, Very Bad Santa n'a pas bénéficié d'une exploitation dans les salles obscures. Pour cette production famélique, il faudra donc se contenter de maigres subsides et passer directement par la case "DTV" (direct-to-video). Paradoxalement, Very Bad Santa jouit d'une réputation plutôt flatteuse auprès des amateurs de slashers.
Certes, le film de David Steinman n'a pas vraiment pour aspérité de raviver un genre en désuétude, mais force est de constater que Very Bad Santa remplit doctement son office.

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La distribution du film se compose de Bill Goldberg, Emilie de Ravin, Douglas Smith, Rebecca Gayheart, Saul Rubinek, Dave Thomas, Chris Kattan et Fran Drescher. Attention, SPOILERS ! Le fils du Diable a perdu un pari contre un Ange et se voit contraint de passer les mille prochaines années à jouer au Père-Noël. A la fin de son gage, le "gentil" Père-Noël voit le Diable en lui prendre le dessus et commence à semer la mort sur son passage. Autant l'annoncer sans ambages. Ce n'est pas Very Bad Santa qui va relancer le slasher sous des cieux plus cléments. Pourtant, le film de David Steinman se montre légèrement supérieur à la moyenne habituelle, surtout dans la case des pères noël écervelés.
La principale argutie de Very Bad Santa réside dans son boogeyman, totalement déjanté et incarné par un Bill Goldberg égrillard.

Le comédien est un ancien catcheur et impressionne à la fois par sa célérité et sa robustesse. Au moins, l'acteur se montre particulièrement philanthrope pour enchaîner les meurtres, les décapitations et autres déprédations de circonstance. Dans Very Bad Santa, les têtes volent, le sang coule à profusion et chaque passage du père noël se traduit par toute une pléthore d'érythèmes. Matois, David Steinman s'ébaudit derrière sa caméra et parsème son long-métrage d'une once d'humour goguenard. Contre toute attente, Very Bad Santa se montre beaucoup plus probant que Christmas Evil et autres Douce nuit, sanglante nuit. Oui, le père noël existe vraiment et en l'occurrrence, il n'est pas content... Pis, ce dernier est un être acariâtre, spécieux et revêche.
Personne n'est épargné, de la bonne mère de famille, en passant par les enfants et les vieillards décrépits. Indubitablement, Very Bad Santa possède de solides arguties dans sa besace. Toutefois, à l'aune de son potentiel, on peut justement regretter que David Steinman ne se montre pas encore plus acrimonieux et soldatesque. Après 45 premières minutes jubilatoires, Very Bad Santa adopte son rythme de croisière. Avec davantage de furibonderies et d'animosités, ce slasher aurait pu aisément détrôner certaines références du genre. En l'état, Very Bad Santa reste (et c'est déjà pas mal...) une série B probe, honorable et tout à fait recommandable.

 

Note : 12.5/20

 

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