famille addams 1991

Genre : fantastique, comédie
Année : 1991
Durée : 1h39

Synopsis : Rififi chez les Addams, célèbre famille macabre qui vit dans un manoir hanté, lorsque débarque l'oncle Fétide, sosie d'un des membres de la famille disparu vingt-cinq ans plus tôt... Ne serait-il pas un usurpateur qui cherche à les doubler pour faire main basse sur leur trésor caché ? 

La critique :

Parmi la génération d'or d'Hollywood, celle qui pullulera entre le milieu des années 1970 jusqu'à la fin des années 2000, les cinéphiles les plus chevronnés stipuleront probablement Steven Spielberg, Robert Zemeckis, Joe Dante, George Lucas, Brian De Palma, Francis Ford Coppola ou encore Sam Raimi parmi les metteurs en scène les plus avisés. Curieusement, Barry Sonnenfeld est rarement notifié. Pourtant, le réalisateur, acteur (pour l'occasion), producteur et directeur de la photographie a lui aussi besogné et peut s'enorgueillir de toute une pléthore de classiques voluptuaires.
A l'instar de ses précieux congénères, Barry Sonnenfeld peut à son tour s'enhardir d'une filmographie exemplaire. En outre, le cinéaste n'a jamais caché ses contiguïtés matoises avec le cinéma de George Méliès, un artiste à qui il a fait voeu d'obédience.

Avec Barry Sonnenfeld, le cinéma vogue vers des contrées populaires. Autrement dit, l'artiste démiurgique déifie et sacralise le cinéma de divertissement. Barry Sonnenfeld démarre sa carrière cinématographique en tant que directeur de la photographie et diligente les opérations sur le tournage de Sang pour Sang (Les frères Cohen, 1984) et Arizona Junior (Les frères Cohen, 1986). Puis, il supervise d'autres productions, notamment Misery (Rob Reiner, 1990) et Quand Harry Rencontre Sally (Rob Reiner, 1989). Pour Barry Sonnenfeld, il est temps - grand temps - de passer derrière la caméra. En l'occurrence, La Famille Addams (1991) constitue sa toute première réalisation.
A posteriori, le metteur en scène enchaînera avec La concierge du Bradbury (1993), Get Shorty (1995), Men In Black (1997), Wild Wild West (1999), Men In Black 2 (2002), Camping Car (2006), Men In Black 3 (2012) et Ma Vie de Chat (2016).

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A l'origine, La Famille Addams est l'adaptation d'une série de comics éponyme, puis d'une série télévisée (elle aussi homonyme) qui sortira dans la foulée. Certes, La Famille Addams constitue la toute première réalisation (bis repetita...) de Barry Sonnenfeld. Pourtant, à l'époque, le réalisateur est loin d'être un noviciat dans l'industrie cinématographique. Mieux, La Famille Addams se solde par un succès pharaonique lors de son exploitation en salles, à tel point qu'une suite, Les Valeurs de la famille Addams (1993) sortira deux ans plus tard, toujours sous l'égide de Barry Sonnenfeld.
Même les critiques se montrent unanimement panégyristes. La famille Addams s'octroie rapidement le statut de film culte. Cette comédie fantastique est même nominée dans plusieurs catégories, le prix Hugo et l'Oscar de la meilleure création de costumes (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Famille_Addams_(film,_1991).

Reste à savoir si ce long-métrage mérite - ou non - de telles flagorneries. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... Certes, à l'aune de ce nouvel article, certains esprits chagrins pourront éventuellement gloser et chinoiser sur la pertinence d'une telle chronique dans les colonnes de Cinéma Choc. Pourtant, à mon sens, La Famille Addams mérite amplement sa place dans les rubriques du blog... Déjà parce que le matériel d'origine (la série de comics...) s'inspire de Freaks, la monstrueuse parade (Tod Browning, 1932)... Ensuite (et surtout...) parce qu'il s'agit d'une comédie fantasque et dénotative. La distribution du film se compose d'Angelica Huston, Raul Julia, Christopher Lloyd, Christina Ricci, Elizabeth Wilson, Judith Malina, Jimmy Workman, Dan Hedaya, Carel Struycken, Paul Benedict, Christopher Hart et Dana Ivey.

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Attention, SPOILERS ! (1) Alors que la famille Addams vit tranquillement dans son manoir, Tully Alford et Abigail Craven décident de faire main basse sur leur fortune. Pour cela, ils envoient chez les Addams le fils adoptif d'Abigail, Gordon Craven, en le faisant passer pour l'oncle Fétide, frère aîné de Gomez Addams, disparu vingt-cinq ans plus tôt. Son but est de découvrir l'accès à la crypte, l'endroit où est caché le trésor de la famille. Mais, au fur et à mesure que les jours passent, Gordon, alias Fétide, s'attache de plus en plus à la famille, négligeant ainsi sa mission prioritaire. Au cours d'une réception organisée pour Fétide, Tully découvre que le testament fait de Fétide le seul héritier.
La famille Addams est alors expulsée du manoir. Tully, Abigail et Gordon continuent de chercher le magot sans succès.

Lorsque Morticia va voir Fétide pour discuter, elle est attachée et torturée par Tully. La Chose, qui l'a suivie, revient avertir Gomez, qui débarque alors à son tour au manoir. Abigail le menace d'une arme pour le forcer à révéler la cachette. Gordon, qui s'est attaché à la famille, tergiverse, ce qui irrite Abigail qui se met à l'insulter. Gordon décide alors de prendre parti pour la famille Addams et réussit à mettre en échec Abigail et Tully. Au cours de l'action, il est électrisé, ce qui lui redonne accès à ses vieux souvenirs : il est réellement Fétide, qui était devenu amnésique vingt-cinq ans plus tôt, après s'être brouillé avec Gomez, avant de rencontrer Abigail (1).
Certes, à l'aune de cette exégèse, on pouvait légitimement se montrer dubitatif devant cette comédie sardonique.

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Indubitablement, La Famille Addams s'inscrit dans le sillage et le continuum de Beetlejuice (Tim Burton, 1988) et d'Edward aux mains d'argent (Tim Burton, 1990), deux autres chefs d'oeuvre auxquels il fait voeu d'allégeance. Mieux, ces deux classiques voluptuaires incarnent la période la plus fastueuse de Tim Burton. A l'instar de ses augustes devanciers, La famille Addams s'approxime à une métaphore sur la différence et la tolérance, tout en essaimant une réflexion sur notre société normalisée. Indiscutablement, cette famille iconoclaste bouleverse les codes, les moeurs, les us et les coutumes de notre société bien-pensante. La doxa dominante est donc menacée par cette nouvelle incarnation du mal... Et c'est justement sur cette notion de bien et de mal que cette comédie fantastique s'enchevêtre. Qui est le plus turpide dans cette histoire saugrenue ?

Cette famille qui ne jure que par la torture et les cochoncetés ? Ou alors cette bourgeoisie et cette argyrocratie rogue et présomptueuse qui cherchent à s'accaparer la propriété de la famille Addams ? La principale force de cette comédie facétieuse repose justement sur sa galerie de protagonistes totalement déjantés. Que ce soit les enfants Addams, la mère érotomane ou encore le patriarche égrillard, tous ces personnages incarnent justement la face la plus ineffable de notre âme, celle qui se tapit quelque part au fond d'un manoir. Ce n'est pas aléatoire si la quête principale de l'histoire se déroule entre des coursives interminables et une demeure labyrinthique.
Cette comédie truculente et sulfureuse peut également escompter sur toute une salve de répliques jubilatoires ("Pour le meilleur et pour le Shakespeare"). Vous l'avez donc compris. On tient là une excellente comédie fantastique qui s'illustre à la fois par sa verve et son effronterie.

 

Note : 16/20

sparklehorse2 Alice In Oliver