mortal kombat legends

Genre : horreur, gore, trash, extrême, animation, arts martiaux (interdit aux - 16 ans en France, interdit aux - 18 ans aux Etats-Unis)
Année : 2020
Durée : 1h20

Synopsis : Suite au massacre de sa famille par le glacial mercenaire Sub-Zero, Hanzo Hasashi s’exile dans les limbes du Netherrealm où il va prêter allégeance au sinistre sorcier Quan Chi. Ce dernier va le ressusciter en tant que Scorpion, une âme vengeresse. Sur Earthrealm, Raiden rassemble de son côté une équipe de combattants d’élite : le moine Shaolin Liu Kang, l’officier des forces spéciales Sonya Blade ainsi que la star de cinéma Johnny Cage. Pour sauver l’Humanité en péril, ils doivent remporter le Mortal Kombat et vaincre le maléfique Shang Tsung.   

La critique :

Depuis plus de deux décennies maintenant, l'univers du jeu vidéo s'est allègrement imposé dans le noble et Septième Art. Non seulement, le marché de la console s'est amplement développé, mais a entraîné avec lui l'essor de plusieurs Licences (Nintendo, Playstation et consorts) proverbiales. Qu'ils se nomment Hitman (Xavier Gens, 2007), Prince of Persia : les sables du temps (Mike Newell, 2010), Silent Hill (Christophe Gans, 2006), Need for speed (Scott Waughn, 2014), ou encore Lara Croft : Tomb Raider (Simon West, 2001), toutes ces productions dispendieuses connaîtront des fortunes diverses au cinéma. 
A raison, certains cinéphiles crient haro contre ces productions aseptisées, désuètes et censées falgorner un large audimat.

En résumé, le spectaculaire n'est pas forcément un gage de qualité, encore moins de sagacité, loin de là... De surcroît, l'univers du jeu vidéo reste assez difficilement transposable sur une pellicule cinématographique. Mais peu importe. Ce genre de production outrancière continue d'enjôler un public essentiellement juvénile, et surtout peu exigeant en termes de qualités cinéphiliques. Même les jeux de combats deviendront à leur tour le principal leitmotiv de la série B d'action, voire de science-fiction. Vers le milieu des années 1990 et sous les précieuses instigations de la société Capcom Entertainment, la firme Universal Pictures décide de relever la gageure avec Street Fighter : l'ultime combat (Steven E. Souza, 1994). Certes, les critiques et la presse spécialisées gourmandent et persiflent un long-métrage au mieux obsolète, et qui suinte avant tout la vacuité et l'inanité. 

1582293542-8906-card

 

 

A contrario, le film recueille les satisfécits d'un public "bisseux" et en particulier des fans de jeux vidéo. Contre toute attente, le métrage triomphe via le support vidéo et toise le haut des oriflammes. Aux yeux de certains producteurs, c'est un argument suffisant pour adapter d'autres licences populaires. Ces dernières se nomment, entre autres, Tekken (Dwight H. Little, 2010), The King of Fighters (Gordon Chan, 2009) et évidemment Mortal Kombat (Paul W.S. Anderson, 1995). Le film se veut être la réponse à Street Fighter : l'ultime combat, sorti un an auparavant.
A l'époque, les deux licences se disputent la couronne du jeu vidéo le plus attractif sur console. Si l'un (Street Fighter...) se distingue par l'attractivité de ses guerroyeurs, l'autre (Mortal Kombat...) s'illustre par sa violence et ses diverses érubescences. 

Hélas, Mortal Kombat (le film) n'a pas vraiment pour velléité de rééditer les effervescences du matériel originel. L'objectif est à la fois simplissime et lapidaire. Il s'agit d'ameuter un maximum de jeunes éphèbes dans les salles. En outre, cette stratégie se montrera plutôt probante puisque le film de Paul W.S. Anderson se solde par un succès pharaonique lors de son exploitation en salles. Une suite, Mortal Kombat - Destruction Finale (John R. Leonetti, 1997), sera tournée deux ans plus tard. Cette fois, pas de surprise. Ce second chapitre essuie une rebuffade commerciale. Pis, Mortal Kombat - Destuction Finale écope du substantif de "nanar". 
Bien triste fatum pour la célèbre franchise initiée par Acclaim Entertainment. Les thuriféraires du jeu vidéo d'origine se montrent - au mieux - circonspects devant ces deux adaptations cinématographiques frelatées.

mortal-kombat-legends-scorpion-s-revenge-images-3_00952044

Il était donc temps de redonner quelques lettres de noblesse à ses guerriers hors pairs et issues des anfractuosités de l'enfer. Tel est le principal apanage de Mortal Kombat Legends - Scorpion's Revenge, réalisé par la diligence d'Ethan Spaulding en 2020. Le metteur en scène démiurgique a essentiellement sévi dans les longs-métrages d'animation. On lui doit notamment Scooby-Doo : la légende du Phantosaur (2011), Lego Scooby-Doo - Mystère sur la plage (2017), Scooby-Doo ! Camp Scare (2010), La ligue des justiciers - Le Trône de l'Atlantide (2015) ou encore Batman - Assaut sur Arkham (2014). A priori, aucun élément ne justifie la présence de Mortal Kombat Legends dans les coursives éparses de Cinéma Choc...
Et pour cause puisqu'il s'agit d'un long-métrage d'animation.

Sauf que Mortal Kombat Legends a écopé de l'ultime réprobation, à savoir une interdiction aux moins de 18 ans, aux Etats-Unis. En France, le film est "seulement" (si j'ose dire...) interdit aux moins de 16 ans. Pour souvenance, la série des Mortal Kombat dénote à la fois par sa virulence et son outrecuidance. Et c'est ce qu'a parfaitement compris Ethan Spaulding. De telles aspérités n'ont évidemment pas échappé aux aficionados de la célèbre franchise. Ces derniers sanctifient et sacralisent Mortal Kombat Legends, notamment pour sa déférence aux jeux vidéo Acclaim. Enfin, on tient une adaptation probe, fidèle et honorable. Reste à savoir si Mortal Kombat Legends mérite - ou non - de tels dithyrambes. Réponse à venir dans les lignes de cette chronique...
Jennifer Carpenter, Joel McHale, Ike Amadi, Steve Blum, Artt Butler, Darin de Paul et Robin Atkin Downes viennent doctement prêter leurs voix dans cette série de belligérances.

Scorpion’s-Revenge

Attention, SPOILERS ! Suite au massacre de sa famille par le glacial mercenaire Sub-Zero, Hanzo Hasashi s’exile dans les limbes du Netherrealm où il va prêter allégeance au sinistre sorcier Quan Chi. Ce dernier va le ressusciter en tant que Scorpion, une âme vengeresse. Sur Earthrealm, Raiden rassemble de son côté une équipe de combattants d’élite : le moine Shaolin Liu Kang, l’officier des forces spéciales Sonya Blade ainsi que la star de cinéma Johnny Cage. Pour sauver l’Humanité en péril, ils doivent remporter le Mortal Kombat et vaincre le maléfique Shang Tsung. Autant l'annoncer sans ambages. Par le passé, les deux premiers Mortal Kombat n'avaient spécialement laissé des réminiscences impérissables. On pouvait donc logiquement se montrer dubitatif devant ce Mortal Kombat Legends.
Oui, les laudateurs de la franchise seront en terrain connu et quasiment conquis. Oui, Mortal Kombat Legends se montre allègrement supérieur à ses deux sinistres antécesseurs.

Ce film d'animation particulièrement âpre et condescendant propose un retour à la genèse, une façon comme une autre d'annoncer - déjà - de nouveaux chapitres consécutifs. Mais au moins, Mortal Kombat Legends ne prend pas son public pour un imbécile. Sur ce dernier point, le métrage d'Ethan Spaulding se montre suffisamment philanthrope en termes de décapitations, de divers équarrissages et autres énucléations de circonstance. A ce sujet, Mortal Kombat Legends ne peut pas vraiment être répertorié parmi les films d'arts martiaux. On se situe clairement dans une production âcre, trash et à la lisière de l'underground. On comprend mieux pourquoi Mortal Kombat Legends n'a pas pu être diffusé dans les salles de cinéma. Pour faire valoir ses fabuleux apparats, le métrage devra passer par la case "DTV" (direct-to-video)... Et c'est bien dommage ! Si certains protagonistes manquent de clairvoyance, voire de fluidité (mention spéciale à Johnny Cage), l'essentiel est respecté.
Attention, toutefois, à la surenchère ! Que soit. En l'état, Mortal Kombat Legends - Scorpion's Revenge constitue une excellente surprise. Qui l'aurait supputé ?

 

Note : 15/20

sparklehorse2 Alice In Oliver