Le_Cobaye_2_Cyberspace

Genre : science-fiction
Année : 1996
Durée : 1h32

Synopsis : Après l'explosion d'un mystérieux laboratoire, Jobe qui en est le seul survivant, oscille entre la vie et la mort. Il est alors pris en charge par le Dr Cori Platt qui entreprend de reconstruire son esprit en utilisant l'informatique et la réalité virtuelle. Pendant ce temps, le scientifique Benjamin Trace se bat pour conserver l'exploitation de son programme de réalité virtuelle nommé "Chiron". Malheureusement l'invention est mise aux enchères et c'est John Walker, un homme d'affaire cupide qui s'en empare afin de contrôler l'accès de toutes les autoroutes de l'information. Walker pense alors à Jobe, simple d'esprit devenu demi-dieu cybernétique pour l'aider dans son projet démoniaque. Seul le scientifique Trace peut contrer Jobe devenu une monstruosité synthétique, d'une puissance incommensurable.  

La critique :

On omet souvent de le dire et de le spécifier. Mais, à l'origine, Le Cobaye (Brett Leonard, 1992), soit The Lawnmower Man dans l'idiome de Shakespeare, est l'adaptation d'une nouvelle (La Pastorale) de Stephen King. Contre toute attente, cette série B dispendieuse se solde par un succès pharaonique lors de son exploitation dans les salles obscures. Pourtant, formellement, le long-métrage de Brett Leonard n'est qu'une ixième variation de Tron (1982), le célèbre métrage de Steven Lisberger. Bientôt, le cinéaste doit se colleter avec Stephen King lui-même qui réfute cette adaptation.
Conjointement, le metteur en scène doit aussi se départir avec Steven Lisberger et ses producteurs qui accusent Le Cobaye de plagiat. A l'instar de Tron en son temps, The Lawnmower Man préfigure Internet et l'avènement de l'ère du numérique.

Ce film de science-fiction augure également des temps peu cléments. A force de se tapir derrière des ordinateurs, des jeux vidéo et autres gadgets aseptisés, l'homme risque de se muer - à son tour - en machine automatisée. C'est même le synopsis du film. Jobe Smith, simple d'esprit et souffre-douleur de la ville, intéresse vivement un de ses voisins, le docteur Angelo, génie de l'électronique, qui est l'inventeur d'un programme qui stimule l'intelligence des animaux. Jobe Smith devient prestement le cobaye (c'est même l'intitulé du film...) du Docteur Angelo. Mais Jobe devient également un être hégémonique, acariâtre et incontrôlable. Sa soif de pouvoir s'étend alors sur les réseaux du monde entier. Le Cobaye s'apparente alors à une métaphore sur la déshumanisation ; déshumanisation accrue par les vicissitudes de l'hédonisme et du consumérisme.

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Pour souvenance, cette série B subalterne n'avait pas spécialement laissé des réminiscences impérissables, loin de là... Même Cinéma Choc, votre blog favori (rires !), s'était montré plutôt circonspect lors d'une chronique évasive (Source : http://cinemachoc.canalblog.com/archives/2017/03/21/34444114.html). A contrario, nonobstant certaines défectuosités relatives, Le Cobaye - premier du nom - restait une série B probe et honorable. Au moins, ce premier volet pouvait s'enorgueillir de relater un scénario crédible. A l'aune du prologue final, un second chapitre était tout à fait probable. Cette hypothèse est manu militari ouïe par les producteurs mercantiles.
C'est dans ce sophisme que les financeurs dépêchent un nouveau réalisateur, en la personne de Farhad Mann, pour suppléer Brett Leonard, peu enclin à renouveler les inimitiés.

C'est ainsi que naît la genèse de Le Cobaye 2 - Cyberspace, sorti en 1996. Hélas, ce nouveau projet n'intéresse guère ces mêmes producteurs. Farhad Mann devra donc se démener avec un budget étriqué. Par ailleurs, l'échec cinglant de Le Cobaye 2 lui sera largement préjudiciable pour la suite de sa carrière. Non seulement, cette suite famélique se solde par une rebuffade commerciale, mais est unanimement gourmandée et anathématisée par des critiques sardoniques. Pis, Le Cobaye 2 écope carrément du qualificatif de "naveton" patenté. Reste à savoir si ce second chapitre mérite - ou non - de tels anathèmes. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique...
Toujours est-il que l'on peut légitimement pontifier sur le choix de Farhad Mann tant sa carte de visite se révèle erratique. On lui doit notamment Nick Knight (1989), Le trésor perdu du Grand Canyon (2008), Fighting for freedom (2013), ou encore Can't buy my love (2017). 

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En résumé, après Le Cobaye 2, Farhad Mann devra se contenter de maigres subsides. Le metteur en scène en déveine ne tournera plus que des productions subsidiaires ou des téléfilms lambda. La distribution du film se compose de Patrick Bergin, Austin O'Brien, Matt Frewer, Trevor O'Brien, Ely Pouget, Camille Cooper, Patrick LaBrecque, Crystal Celeste Grant, Sean Parhm, Kevin Conway et Castulo Guerra. Attention, SPOILERS ! Après l'explosion d'un mystérieux laboratoire, Jobe qui en est le seul survivant, oscille entre la vie et la mort. Il est alors pris en charge par le Docteur Cori Platt qui entreprend de reconstruire son esprit en utilisant l'informatique et la réalité virtuelle.
Pendant ce temps, le scientifique Benjamin Trace se bat pour conserver l'exploitation de son programme de réalité virtuelle nommé "Chiron".

Malheureusement l'invention est mise aux enchères et c'est John Walker, un homme d'affaire cupide qui s'en empare afin de contrôler l'accès de toutes les autoroutes de l'information. Walker pense alors à Jobe, simple d'esprit devenu demi-dieu cybernétique pour l'aider dans son projet démoniaque. Seul le scientifique Trace peut contrer Jobe devenu une monstruosité synthétique, d'une puissance incommensurable. Au niveau de sa trame scénaristique, Le Cobaye 2 - Cyberspace reprend donc les choses là où elles s'étaient arrêtées dans le premier volet. Autant l'annoncer sans ambages. Après un rapide récapitulatif du prologue final de The Lawnmower Man, Le Cobaye 2 s'enlise immédiatement dans l'amphigourie. Non, Jobe n'a pas réussi sa phase de mutation, ni de métempsychose.
Pis, l'écervelé du numérique est toujours vivant, mais désormais amputé de ses deux membres inférieurs. Qu'à cela ne tienne. 

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Une fois réveillé de son sommeil léthargique, ce dernier parvient (enfin...) à se transposer dans l'univers virtuel. Vous avez baillé et soupiré devant toutes ces explicitations fastidieuses ? Rassurez-vous, c'est normal ! Bienvenue dans Le Cobaye 2 ! Les quelques qualités du premier chapitre sont totalement évincées après quelques minutes de film. Déjà, on déplore les absences concomitantes de Pierce Brosnan et de Jeff Fahey. Seul Austin O'Brien, désormais prépubère, reprend son rôle initial. De surcroît, l'action de Le Cobaye 2 se déroule dans une époque futuriste et en sévère déperdition. Pourquoi Jobe contacte-t-il un adulescent pour transmettre un message à un scientifique éminent (le docteur Benjamin Trace) ? Surtout qu'il peut le faire lui-même...
De surcroît, pourquoi diantre requérir l'érudition d'un savant claustré dans sa cabane et engoncé dans une jungle à des milliers de kilomètres des grandes métropoles ?

Autant de questions sans réponse et qui participent à rendre cette suite aussi agaçante que stérile. Au moins, le premier opus pouvait s'enhardir de belles images de synthèse. Ici, les saynètes se déroulant dans le monde virtuel dénotent essentiellement par leur incurie et leur impéritie. Pour le spectateur avisé, il faudra faire preuve de longanimité et surtout s'armer de bravoure pour supporter les facéties de cette suite indigente. Je le reconnais, je n'ai pas visionné cette suite dans son intégralité. Le Cobaye 2 s'approxime à une suite labyrinthique qui louvoie prestement vers des routes tortueuses et alambiquées. Certes, dans cette suite, il est question d'un cyberespace en déshérence.
Autrement dit, le cyberespace se meurt... Et emporte le film avec lui. Ni plus, ni moins. A l'aune du générique final, on s'interroge sur l'intérêt d'une telle suite qui, à aucun moment, n'avalise son utilité. Durant tout le film, le spectateur désabusé s'amusera (ou pas...) à compter les carences, les approximations et les modicités. Vous l'avez donc compris, probablement supputé. Le Cobaye 2 est au mieux un incommensurable bide et navet. Sinon, c'est tout ? Oui, c'est tout...

 

Côte : Navet

 

sparklehorse2 Alice In Oliver