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Le titre du film provient d'une phrase de l'Apocalypse selon Saint Jean :

Le septième sceau révèle les sept trompettes et leurs plaies

Apocalypse 8:1-2

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Quand il ouvrit le septième sceau, il y eut dans le ciel un silence d’environ une demi-heure. Et je vis les sept anges qui se tiennent devant Dieu, et sept trompettes leur furent données. Le livre de l'Apocalypse décrit sept sceaux sur un rouleau prophétique. À ce stade dans l'Apocalypse, les quatre premiers sceaux (aussi appelés les quatre cavaliers de l'Apocalypse), le cinquième sceau et le sixième sceau ont tous été ouverts. Et quand Jésus-Christ ouvre le septième et dernier sceau, sept anges, l’un après l’autre, sonnent de la trompette pour annoncer sept terribles événements du temps de la fin.

Titre original : Det sjunde inseglet

Réalisation : Ingmar Bergman

Scénario : Ingmar Bergman

Musique : Erik Nordgren

Photographie : Gunnar Fischer

Genre : Drame

Durée : 96 minutes

Date : 1957

Avec : Max Von Sydow, Gunnar Björnstrand, BENGT EKEROT, NILS POPPE, Bibi Andersson...

Max von Sydow est mort à l’âge de 90 ans, le 8 mars 2020 après une carrière internationale à nulle autre identique, 11 films avec Bergman, « L’Exorciste » de William Friedkin en Père Lankester Merrin, « Pelle le Conquérant » de Billie August, Palme d’or du Festival de Cannes en 1987, « Minority Report » de Steven Spielberg ou encore « Shutter Island » de Martin Scorsese, il a aussi tenu le rôle de la corneille aux trois yeux dans la série à succès « Game of Thrones »... Ingmar Bergman est un metteur en scènescénariste et réalisateur suédois, né à Uppsala le 14 juillet 1918 et mort le 30 juillet 2007 sur l'île de FåröIl s'est imposé comme l'un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma en proposant une œuvre s'attachant à des thèmes métaphysiques (Le Septième Sceau), l'introspection psychologique (Les Fraises sauvages, Persona) ou familiale (Cris et Chuchotements, Fanny et Alexandre) et à l'analyse des comportements du couple (Scènes de la vie conjugale)...

 

SynopsisAu XIVe siècle, un chevalier et son écuyer, après dix ans passés aux croisades, sont de retour en Suède où fait rage une épidémie de peste. Sur une plage déserte le chevalier rencontre la Mort et lui propose une partie d’échecs afin de retarder l’échéance, le temps de trouver des réponses à ses problèmes métaphysiques : Dieu existe-il ? La vie a-t-elle un sens ? L’épidémie de peste est-elle celle dont parle l’Apocalypse ? Tandis que l’écuyer professe l’idée de néant, le chevalier refuse d’y croire.

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La critique :

Aborder le continent Bergman est complexe tant l’homme-cinéaste proposait pléthore de films métaphysiques, réflexifs, un questionnement permanent ; le doute existentiel se propageant dans ses œuvres filmiques. Il est des films et celui-ci y participe à un changement radical de paradigme nous tendant un miroir aux sombres reflets : Dieu existe-t-il ? La vie a-t-elle un sens ? Bergman (comme tout un chacun) doutera de ce dieu libérateur trouvant dans ses films un pouvoir cathartique sur ses propres névroses. Ce chef d’oeuvre, film phare pour toutes une génération de cinéastes (Woody Allen vouun culte à ce film) et de cinéphiles, Le septième sceau représente la quintessence, le graal que tout être cinéphile se doit de voir.

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Le Septième Sceau interroge l’homme sur l’angoisse de sa propre mort, sur la peur de ce néant et le besoin de se raccrocher à ses espoirs. « À notre crainte il nous faut une image. Et cette image, nous l’appelons Dieu »Une plage avec deux chevaux, un chevalier, son écuyer – assoupi – et un échiquier. La Mort les rejoindra bientôt ; alors le chevalier (Max Von Sydow) lui proposera une partie d’échecs. Défier la Mort. Ainsi débute Le septième sceau… En ces temps médiévaux règnent l’immoralité, la débauche sexuelle, la peste et les pires meurtres et tortures. Une atmosphère d’apocalypse questionne le chevalier : si Dieu existe, comment a-t-il pu vouloir cela ? Comment expliquer l’existence de la peste si Dieu nous aime ?

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Le Septième Sceau se présente tel un poème philosophique positionné dans un cadre médiéval, religieux et dont le fantastique fait continuellement intrusion dans le quotidien. Dans un univers terrifié par la peste et la crainte de la fin du monde, Antonius Block croise toutes sortes de figures : bateleurs, paysans, gens d’église, sorcières, pestiférés, visionnaires, catins. Il les regarde avec indifférence ou lassitude, avec doute ou désespoir. Sauf la Mort, figure noire et blême, repoussante et fascinante à la fois, qu’il regarde avec ironie, avec défi. Même celle-ci conçoit sa propre incertitude, elle accomplit sa « besogne » commanditée par une déité nullement identifiée.
Le Septième Sceau est une quête existentialiste, éclairée par une flamme intérieure. Nous sommes portés par un souffle mystique traversant le film.

Le néant et cette légitime peur de la mort accompagnent le chevalier doutant du sens de vie, la mort ne pouvant l’aider, l’inéluctable sera de mise, la peste emportera ses « fidèles » humains en une farandole funèbre. La somptueuse photographie noir et blanc sublime l’ensemble conférant au film une dimension métaphysique inégalée. Bergman s’exprimait sur son film : « Mon but a été de peindre comme le peintre du Moyen-Âge, avec le même engagement objectif, avec la même sensibilité et la même joie. Mes personnages rient, pleurent, hurlent, ont peur, parlent, répondent, jouent, souffrent, questionnent. Dans mon film, le Chevalier revient d’une croisade, comme, de nos jours, un soldat revient de la guerre. Au Moyen-Âge, les hommes vivaient dans la terreur de la peste. Aujourd’hui, ils vivent dans la terreur de la bombe atomique. Le Septième Sceau est une allégorie dont le thème est fort simple : l’homme, sa recherche éternelle de Dieu, avec la mort comme seule certitude. » (Qu’est-ce que faire des films ?, éd. de l’Étoile).

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Dans Le Septième Sceau, Bergman ne répond aucunement à ces questions métaphysiques, il s’interroge et doute en conséquence, mais n’est-ce pas le propre de l’homme ? Ce film a été réalisé à un moment où il se pensait encore croyant, « Croire ou ne pas croire ? » telle est la question ou nul être ne peut échapper à sa juste (à méditer tout de même, non ?) condition humaine. Film absolu, essentiel dans ses questionnements ontologiques…

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L’un des plus grands films de tous les temps, simplement, il serait déraisonnable qu’un cinéphile averti ne puisse visionner un tel évènement filmique. Echec et mat…

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NOTE : 20/20                                    Mais a-t-on le droit de noter un tel film ?

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