happy birthdead 2 you

Genre : horreur, épouvante, slasher, science-fiction, comédie 
Année : 2019
Durée : 1h40

Synopsis : Alors que Tree pensait s’être définitivement débarrassée de celle qui voulait sa mort et qu’elle file le parfait amour avec Carter, elle se retrouve projetée dans une dimension parallèle à notre monde. Elle doit désormais affronter des fantômes de son passé et de nouveaux ennemis… 

La critique :

Lorsque l'on invoque le slasher, on songe invariablement aux sagas Vendredi 13, Halloween, Massacre à la Tronçonneuse, Chucky et A nightmare on Elm Street. Si la genèse de ce registre cinématographique acte et officialise sa naissance via Black Christmas (Bob Clark, 1974), on décèle déjà les tous premiers rudiments et les linéaments avec Le Voyeur (Michael Powell, 1960) et Psychose (Alfred Hitchcock, 1960). Mais c'est bien Black Christmas qui impose et érige la figure sociopathique du croquemitaine en amalgamant huis clos, horreur et home invasion anxiogène.
Narquois, John Carpenter réitérera peu ou prou le même syllogisme analogique via Halloween, la nuit des masques (1978). Seule dissimilitude et pas des moindres, le croquemitaine n'a pas vraiment de faciès et incarne le mal absolu.

Factieux et turpide, Michael Myers préfigure cette menace indicible qui vient subrepticement occire et assaillir des étudiants peu farouches. Seule la jolie Laurie Strode, une adulescente pudibonde, échappe de justesse au courroux du psychopathe écervelé. On retrouve également cette pruderie ostentatoire à travers A Nightmare on Elm Street et Vendredi 13. Dans le cas de Vendredi 13 (Sean S. Cunningham, 1980), les animosités se déroulent à la lisière de Crystal Lake. Cette fois-ci, le croquemitaine étrille et estampe des étudiants gouailleurs et ripailleurs.
Narquois, Sean S. Cunningham s'échine à mettre en exergue un tueur en série indicible et énigmatique. Ce dernier n'est autre que Madame Voorhees, une matriarche sévèrement courroucée depuis le décès de son fils Jason.

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Le corps de l'adulescent monstrueux git quelque part dans les tréfonds de Crystal Lake. Suite au succès pharaonique du premier Vendredi 13, il était logique que le jouvenceau revienne d'entre les morts pour étriller - à son tour - la caste estudiantine. Tel sera, par ailleurs, le principal apanage des chapitres consécutifs. Jason Voorhees devient une figure iconique du cinéma d'horreur. Et peu importe si le célèbre boogeyman est empalé, démembré, écartelé, anatomisé ou encore tuméfié. Durant les années 1980, le slasher est au faîte de sa gloire. 
A leur tour, Michael Myers, Freddy Krueger et autres Leatherface se délectent de jeunes éphèbes qu'ils estampent et étrillent avec une jubilation à peine dissimulée. Corrélativement, le public commence déjà se lasser de ces pellicules peu ou prou analogiques.

Dès la fin des années 1980, le slasher est en berne et peine à retrouver ses lettres de noblesse de naguère. Et c'est ce qu'a parfaitement compris Wes Craven. Plus personne ne semble en mesure de raviver un genre en désuétude. Alors autant s'ébaudir de ces mêmes préceptes qui ont marqué la quintessence du slasher entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980. C'est dans cette nouvelle dialectique que s'inscrit Scream (Wes Craven, 1996), un film d'épouvante qui fait voeu d'obédience à Halloween, la nuit des masques et autres Vendredi 13
La recette se révèle fructueuse, à tel point que Scream se transmute à son tour en saga opulente via trois nouveaux chapitres consécutifs. Mieux, le long-métrage de Wes Craven se décline en slasher prépubère via les succès concomitants d'Urban Legend (Jamie Blanks, 1999) et de Souviens-toi... L'été dernier (Jim Gillespie, 1997).

Toutefois, rien de neuf à l'horizon si ce n'est que le slasher se contente de psalmodier les bonnes recettes de jadis. Etait-il possible d'inventer une nouvelle formule et de redorer le blason de ce registre rébarbatif, voire tautologique ? Oui, semble rétorquer Christopher Landon via Happy Birthdead, sorti en 2017. A la fois scénariste, cinéaste et producteur, Christopher Landon a surtout officié en tant que cacographe. Il signe son premier court-métrage vers le milieu des années 1990. Ce sera Only Child (1996), par ailleurs inconnu au bataillon et inédit dans nos contrées hexagonales. 
A postériori, il enchaînera avec Paranormal Activity - The Marked Ones (2014) et Manuel de survie à l'apocalypse zombie (2015). Pas besoin d'être médium ni extralucide pour subodorer les contiguïtés matoises entre Christopher Landon et le cinéma d'épouvante.

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Certes, d'un point de vue pécuniaire, Happy Birthdead n'est qu'une modeste série B subsidiaire. Pourtant, ce slasher se soldera non seulement par des avis unanimement panégyristes, mais toisera les firmaments du box-office américain ; à tel point qu'une suite, Happy Birthdead 2 You (Christopher Landon, 2019), sera réalisée dans la foulée. A l'origine, le projet devait être initialement cornaqué par Michael Bay "himself", mais la trame narrative ne sied guère au producteur. Le script d'Happy Birthdead reste alors dans les tiroirs poussiéreux pour échoir finalement entre les mains de Christopher Landon. Personne ne gage sur ce petit slasher, à priori condamné à croupir dans les affres des oubliettes.
Gravissime erreur ! En l'espace de quelques mois, Happy Birthdead est devenu la nouvelle égérie du slasher. 

Une suite, Happy Birthdead 2 You (bis repetita), voit logiquement le jour. Cette fois-ci, les critiques se montrent beaucoup plus dubitatives. A fortiori, Happy Birthdead 2 You délaisserait la carte du slasher pour revêtir les oripeaux d'une série B science-fictionnelle et nantie de paradoxes temporels. Reste si cet opus consécutif justifie - ou non - son visionnage. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... La distribution du film se compose de Jessica Rothe, Israel Broussard Phi Vu, Suraj Sharma, Sarah Yarkin, Rachel Matthews, Ruby Modine, Steve Zissis et Charles Aitken.
Attention, SPOILERS ! (1) 
19 septembre 2017. Le lendemain de son anniversaire, tout est enfin rentré dans l'ordre pour Theresa « Tree » Gelbman qui se réveille au côté du garçon qu'elle aime, Carter Davis. Néanmoins, le colocataire de ce dernier, Ryan Phan, débarque dans la chambre pour leur dire qu'il vient de se réveiller au même endroit où il était ce matin, après s'être fait tuer par un tueur au masque de bébé de la mascotte de l'université.

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Tree découvre alors que Ryan travaille avec deux autres élèves sur un projet scientifique étant à l'origine de son blocage dans une boucle temporelle la veille. À la suite d'une explosion, Tree se réveille le jour de son anniversaire pour la énième fois. Néanmoins, Tree se rend vite compte que plusieurs choses sont très différentes et comprend bientôt qu'elle est bloquée dans une boucle temporelle d'une dimension parallèle. Tree va devoir aider Ryan et son équipe à faire cesser cette boucle et à la faire retourner dans sa dimension tout en affrontant le tueur, qui, ici, n'a pas la même identité... (1) Autant l'annoncer sans ambages. Le premier volet n'avait pas spécialement enjôlé les colonnes de Cinéma Choc. Sur ce dernier point, Happy Birthdead 2 You réédite les mêmes carences que son auguste antécesseur, à savoir une série de paradoxes tarabiscotés qui deviennent les principaux leitmotivs du film.

A l'aune du premier chapitre, on pouvait déjà s'interroger sur son statut de slasher. Il en est de même pour cette seconde segmentation. Pis, Christopher Landon fait montre de munificence et exploite l'oxymore temporel à satiété, à tel point que Happy Birthdead 2 You s'approxime à une variante de Retour vers le Futur 2 (Robert Zemeckis, 1989). Certes, j'ai répertorié cette chronique parmi les films horrifiques, mais le métrage aurait pu également s'imbriquer parmi les productions science-fictionnelles. De facto, difficile de s'enthousiasmer pour cette nouvelle aventure. Ne réalise par Retour vers le Futur 2 qui veut... A ces désagréments, viennent également s'agréger un aspect doucereux et un teen movie horrifique graveleux. Oui, le public prépubère se laissera facilement flagorner par ces péripéties absconses. Seule la jolie Jessica Rothe permet encore à ce slasher (ce film de science-fiction ?) de sortir péniblement de l'ornière. Sans la présence et la vénusté de son actrice principale, qui se démène dans tous les sens, Happy Birthdead 2 You aurait manu militari atterri dans la case "naveton" avarié.
Pas de doute, cette fois-ci, la boucle... est bouclée ! Maintenant prions pour que Christopher Landon n'ait pas la mauvaise idée de signer un troisième opus.

 

Note : 08/20

(1) Synopsis du film sur : https://fr.wikipedia.org/wiki/Happy_Birthdead_2_You

 

sparklehorse2 Alice In Oliver