valeurs famille addams

Genre : fantastique, comédie
Année : 1993
Durée : 1h34

Synopsis : Chose curieuse mais point trop inhabituelle au sein de la famille Addams : Morticia accouche aussi brusquement d'un bambin qu'elle s'est trouvée enceinte. L'heureux nouveau-né porte la moustache et répond au doux nom de Puberté. Mercredi et Pugsley, ses deux aînés, fous de jalousie, multiplient les tentatives d'assassinat....  

La critique :

Parmi la génération d'or d'Hollywood, celle qui pullulera entre le milieu des années 1970 jusqu'à la fin des années 2000, les cinéphiles les plus chevronnés stipuleront probablement Steven Spielberg, Robert Zemeckis, Joe Dante, George Lucas, Brian De Palma, Francis Ford Coppola ou encore Sam Raimi parmi les metteurs en scène les plus avisés. Curieusement, Barry Sonnenfeld est rarement notifié. Pourtant, le réalisateur, acteur (pour l'occasion), producteur et directeur de la photographie a lui aussi besogné et peut s'enorgueillir de toute une pléthore de classiques voluptuaires.
A l'instar de ses précieux congénères, Barry Sonnenfeld peut à son tour s'enhardir d'une filmographie exemplaire. En outre, le cinéaste n'a jamais caché ses contiguïtés matoises avec le cinéma de George Méliès, un artiste à qui il a fait voeu d'obédience.

Avec Barry Sonnenfeld, le cinéma vogue vers des contrées populaires. Autrement dit, l'artiste démiurgique déifie et sacralise le cinéma de divertissement. Barry Sonnenfeld démarre sa carrière cinématographique en tant que directeur de la photographie et diligente les opérations sur le tournage de Sang pour Sang (Les frères Cohen, 1984) et Arizona Junior (Les frères Cohen, 1986). Puis, il supervise d'autres productions, notamment Misery (Rob Reiner, 1990) et Quand Harry Rencontre Sally (Rob Reiner, 1989). Pour Barry Sonnenfeld, il est temps - grand temps - de passer derrière la caméra. En l'occurrence, La Famille Addams (1991) constitue sa toute première réalisation.
A posteriori, le metteur en scène enchaînera avec La concierge du Bradbury (1993), Get Shorty (1995), Men In Black (1997), Wild Wild West (1999), Men In Black 2 (2002), Camping Car (2006), Men In Black 3 (2012) et Ma Vie de Chat (2016).

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A l'origine, La Famille Addams est l'adaptation d'une série de comics éponyme, puis d'une série télévisée (elle aussi homonyme) qui sortira dans la foulée. Certes, La Famille Addams constitue la toute première réalisation (bis repetita...) de Barry Sonnenfeld. Pourtant, à l'époque, le réalisateur est loin d'être un noviciat dans l'industrie cinématographique. Mieux, La Famille Addams se solde par un succès pharaonique lors de son exploitation en salles, à tel point qu'une suite, Les Valeurs de la famille Addams (1993) sortira deux ans plus tard, toujours sous l'égide de Barry Sonnenfeld.
Même les critiques se montrent unanimement panégyristes. La famille Addams s'octroie rapidement le statut de film culte. Par ailleurs, cette comédie sardonique a également reçu les dithyrambes de Cinéma Choc.

Mais, aujourd'hui, ce sont Les valeurs de la Famille Addams qui font l'objet d'une chronique dans les colonnes éparses du blog. Evidemment, cette suite consécutive (pléonasme !) était attendue au tournant. Le principal écueil était de rééditer platement les facéties de son auguste antécesseur. Par ailleurs, Les Valeurs de la Famille Addams ne remportera pas le succès escompté même si les scores restent plutôt honnêtes lors de son exploitation dans les salles obscures. A contrario, les critiques se montrent toujours aussi panégyristes et encensent une comédie à la fois égrillarde et corrosive. A l'instar du premier opus, on peut légitimement gloser et s'interroger sur la présence de cette comédie fantastique dans les coursives hétéromorphes de Cinéma Choc.
Mais, par son aspect iconoclaste, Les valeurs de la Famille Addams n'est pas sans itérer la figure du monstre.

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Par certaines contiguïtés matoises, cette satire de la société américaine n'est pas sans rappeler la dialectique comminatoire de Freaks, la monstrueuse parade (Tod Browning, 1932), avec toutefois moins de polémique et d'acrimonie. La distribution du film se compose d'Angelica Huston, Raul Julia, Christina Ricci, Christopher Lloyd, Jimmy Workman, Carol Kane, Joan Cusack, David Krumholtz, Peter MacNicol, Christine Baranski, Mercedes McNab, Cynthia Nixon et Tony Shalhoub. Attention, SPOILERS ! (1) Morticia et Gomez Addams sont les heureux parents d'un troisième enfant, baptisé Puberté. Mercredi et Pugsley, les deux aînés de la fratrie, voient d'un très mauvais œil l'arrivée de ce petit frère qui fait l'objet de toutes les attentions. En conséquence, ils décident d'un commun accord de le tuer, mais chacune de leurs tentatives se révèle vaine. Afin de mieux surveiller leurs enfants, Morticia et Gomez font appel à une baby-sitter.

Débarque alors Debbie Jellinsky qui est réputée pour se marier avec des hommes riches et les tuer de manière que l'on croie à une mort accidentelle afin d'hériter de leur fortune. Cette charmante jeune femme prétend vouloir garder les enfants, mais en veut à la fortune de Fétide, frère de Gomez. Elle est rapidement démasquée par Mercredi, dont l'aversion envers la gouvernante se trouve alors justifiée. Afin d'écarter tout soupçon de Morticia et Gomez à son égard, Debbie fait envoyer Mercredi et Pugsley dans un camp d'été, avant de convoler en justes noces avec Fétide qui l'aime vraiment. Cependant, les deux enfants comptent bien s'échapper de leur camp de vacances pour sauver leur oncle, tandis que Fétide survit aux diverses tentatives d'assassinat de Debbie au grand désespoir de celle-ci... (1)
A raison, on pouvait craindre ce second chapitre. Pour souvenance, le premier chapitre s'était principalement illustré pour sa morgue et son outrecuidance. 

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Sur quel didactisme pouvaient s'acheminer Les Valeurs de la Famille AddamsToujours dans le premier volet, Barry Sonnenfeld s'échinait à semoncer et à gourmander les travers et les turpitudes de la société américaine. Qui est le monstre ? Semblait s'interroger le metteur en scène, très en verve pour l'occasion. Non, le véritable monstre n'est pas cette famille hideuse et écervelée, mais cette bourgeoisie chancelante et qui cherche à préempter la demeure de la famille Addams. Sur ces entrefaites, Les Valeurs de la Famille Addams s'achemine - peu ou prou - sur le même sophisme rédhibitoire. En outre, cette nouvelle segmentation se montre encore plus féroce que son illustre devancier. En l'occurrence, on aurait presque tendance à se gausser des nouvelles tribulations de l'oncle Fétide. L'homme disgracieux s'est (encore...) entiché d'une vile gourgandine.

Cette mégère cherche à son tour à s'accaparer la fortune de la Famille Addams en ourdissant de nouveaux complots. Mais la force de Les Valeurs de la Famille Addams ne réside pas vraiment dans cette historiette subsidiaire, mais davantage dans les pérégrinations de Mercredy et Pugsley Addams. Les deux marmots acariâtres sont sommés de supporter les facéties d'un camp de vacances. Walt Disney et son univers croquignolet en prennent pour leur grade. Le film de Barry Sonnenfeld brocarde cette doxa dominante. Non, nos monstres claudicants ne se laisseront pas dévoyer par Hollywood et ses moralines lénifiantes. Les thuriféraires du premier volet seront en terrain connu et quasiment conquis. Oui, ces nouvelles aventures se montrent toujours aussi éloquentes.
Oui, Les Valeurs de la Famille Addams se montrent à la hauteur des attentes et des espérances avec, pour ma part, une légère appétence pour cette seconde prévarication.

 

Note : 16/20

 

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