see no evil 2

Genre : horreur, gore, trash, slasher, torture porn (interdit aux - 16 ans)
Année : 2014
Durée : 1h29

Synopsis : Jacob Goodnight a survécu... Revenu à la vie, il renoue avec ses vilaines habitudes et entreprend de s'attaquer à un groupe d'étudiants en médecine.   

La critique :

Comme une évidence, presque une pantalonnade. Lorsque l'on invoque le néologisme du "torture porn", on songe invariablement à Saw (James Wan, 2004) et Hostel (Eli Roth, 2006). Dans le cas du premier film susdénommé, James Wan adapte un court-métrage éponyme qu'il avait lui-même réalisé. Dixit les propres aveux de l'auteur démiurgique, Saw n'avait pas pour velléité de toiser les firmaments des oriflammes. A l'origine, il s'agit d'une série B impécunieuse qui amalgame sans fard huis clos, torture porn, thriller, horreur et une enquête policière conçue comme une sorte de puzzle démoniaque, avec ses pièges, ses supplices et ses multiples collatérales. 
Pourtant, cette formule surannée flagorne les thuriféraires du cinéma gore. Paradoxalement, Saw n'a rien inventé et réitère les recettes éculées de naguère.

James Wan n'a jamais caché sa dilection pour Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974), La Colline A Des Yeux (Wes Craven, 1977), ou encore La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972). Toujours la même antienne... Saw défie tous les pronostics et caracole en tête de peloton lors de sa sortie en salles. Aux yeux des producteurs, Saw constitue la nouvelle manne providentielle. Ces derniers exhortent James Wan à signer de nouvelles suites consécutives. Mais le metteur en scène n'a cure des instigations, voire des objurgations de ses financeurs. 
James Wan affectionne davantage l'épouvante de jadis. Impression corroborée par ses longs-métrages suivants, notamment Dead Silence (2007), Insidious (2011), Insidious - Chapitre 2 (2013), Conjuring - Les Dossiers Warren (2013) et Conjuring - Le Cas Endfield (2016).

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Que soit. En raison de son succès pharaonique, Saw premier du nom va se transmuter en une franchise lucrative et opportuniste, hélas cornaquée par toute une série de tâcherons patentés. En l'occurrence, Hostel obliquera - peu ou prou - vers la même trajectoire. Dans le film d'Eli Roth, c'est une étrange organisation qui s'adonne à la capture, puis à la torture de touristes dans un pays d'Europe de l'Est. Hostel signe donc la résurgence des tortures de l'Inquisition, toutefois sous l'angle du capitalisme et du consumérisme à tous crins. 
Si le premier chapitre s'approxime à un film d'horreur potache et égrillard, le second volet, sobrement intitulé Hostel - Chapitre 2 (2007), affine davantage son syllogisme morbide. La franchise échoit alors entre les mains de Scott Spiegel via un inévitable Hostel - Chapitre 3 (2011).

Ce sera l'opus de trop. Le long-métrage ne sortira même pas au cinéma et écumera les bacs via le support vidéo. Mais peu importe, Saw et Hostel relancent la mode galvaudeuse du torture porn. En résulte toute une panoplie de productions peu ou prou analogiques. Les thuriféraires de ce registre cinématographique n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles que The Collector (Marcus Dunstan, 2009), Excision (Richard Bates Jr., 2012), Pernicious (James Cullen Bressack, 2015), Perseveration (Adam Sotelo, 2012), Hoboken Hollow (Glen Stephens, 2006), Living Death (Erin Berry, 2006), Captivity (Roland Joffé, 2007), Borderland (Zev Berman, 2008), The Torturer (Lamberto Bava, 2006), ou encore Seed (Uwe Boll, 2007) parmi les longs-métrages notables et éventuellement notoires. Vient également s'additionner See No Evil, réalisé par la diligence de Gregory Dark en 2006. 

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En outre, See No Evil avait plutôt détonné dans le sérail du cinéma trash, ne serait-ce que par sa morgue et sa condescendance. Certes, See No Evil obliquait vers des chemins classiques voire aseptisés. A contrario, le film de Gregory Dark se montrait plutôt magnanime en termes de supplications, décapitations et autres équarrissages de circonstance. Contre toute attente, la sortie du film en dvd se solde par des scores plutôt probants, suffisamment pour engendrer un second chapitre consécutif. Ce sera See No Evil 2. Cette fois-ci, cette suite est cornaquée par les soins des soeurs Siska (Jen et Sylvia).
A la fois productrices, scénaristes et réalisatrices, les deux gourgandines (si j'ose dire...) se sont principalement spécialisées dans le cinéma horrifique. 
On leur doit notamment Dead Hooker in a Trunk (2009), American Mary (2012), ABC's of Death 2 (2014), Vendetta (2015) et récemment Rabid (2019).

Contrairement à son glorieux aîné, See No Evil 2 ne remporte pas vraiment l'unanimité des suffrages. Derechef, le long-métrage des soeurs Soska doit se départir dans les festivals, en streaming ou encore par l'entremise du DTV (direct-to-video). A contrario, certains laudateurs encensent ce torture porn et invoquent même une suite éloquente. Reste à savoir si See No Evil 2 justifie - ou non - son visionnage. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... La distribution de ce second chapitre se compose de Kane, Danielle Harris, Katharine Isabelle, Chelan Simmons, Kaj-Erik Eriksen, Greyston Holt, Lee Majdoub, Michael Eklund et des soeurs Siska elles-mêmes (à la fois devant et derrière la caméra). Attention, SPOILERS ! Après le carnage du premier film, la dépouille de Jacob Goodnight est emmenée à la morgue de l’hôpital le plus proche, où Amy, Seth et Holden sont de garde. 

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Et comme c’est l’anniversaire d’Amy, ses amis lui rendent une petite visite. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que Jacob Goodnight n’est pas vraiment mort, et qu’il est prêt à reprendre ses activités. En l'occurrence, ce deuxième volet consécutif reprend là où les choses s'étaient arrêtés dans le premier opus. On prend donc les mêmes (ou presque...) et on recommence ! La force du premier See No Evil reposait (surtout) sur son boogeyman robuste et charismatique (l'impressionnant Kane, un acteur qui a, entre autres, officié dans le catch). Apparemment, les soeurs Siska ont parfaitement cerné l'essence et la célérité de leur boogeyman, mué en mort-vivant pour l'occasion...
Un peu à l'instar d'un Jason Voohrees dans le bien nommé Vendredi 13 - Chapitre 6 : Jason le mort-vivant (Tom McLoughlin, 1987). 

L'essentiel de See No Evil 2 se déroule dans une morgue et s'approxime alors à un huis clos comminatoire. L'effet de surprise n'est donc plus au rendez-vous et il faudra faire preuve de longanimité (environ une bonne demi-heure) pour voir débarquer Jacob Goodnight. Auparavant, il faudra se contenter de palabres et autres conversations oiseuses. Heureusement, une fois l'écervelé remis sur pied, See No Evil 2 se montre plutôt charitable en termes d'érubescences et de boucheries massives. Toutefois, cette suite soporative se montre beaucoup moins âpre et virulente que son auguste devancier. En l'état, See No Evil 2 reste un torture porn probe et honorable, à condition de le visionner comme une suite sporadique, hélas victime de sa trame narrative (qui tient sur deux lignes). 
Même les divers protagonistes ne présentent qu'un intérêt relatif. See No Evil 2 ne réédite donc pas les fulgurations matoises de son illuste antécesseur. Reste un DTV plutôt correct, qui ne restera toutefois pas dans les annales.

 

Note : 10/20 

sparklehorse2 Alice In Oliver