iron man 3

Genre : fantastique, super-héros
Année : 2013
Durée : 2h11

Synopsis : Tony Stark, l’industriel flamboyant qui est aussi Iron Man, est confronté cette fois à un ennemi qui va attaquer sur tous les fronts. Lorsque son univers personnel est détruit, Stark se lance dans une quête acharnée pour retrouver les coupables. Plus que jamais, son courage va être mis à l’épreuve, à chaque instant. Dos au mur, il ne peut plus compter que sur ses inventions, son ingéniosité, et son instinct pour protéger ses proches. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait le costume ou bien le costume qui fait l’homme ?   

La critique :

Il serait sans doute futile, voire fastidieux de réitérer la genèse, ou plutôt la résurgence, de nos super-héros dans les salles de cinéma. Ce nouveau diktat du cinéma hollywoodien et consumériste remonte déjà à deux décennies via le succès pharaonique de X-Men (Bryan Singer, 2000) dans les salles obscures. Depuis, les super-héros ne cessent de pulluler et de proliférer dans les salles de cinéma. Depuis, les firmes Marvel et DC Comics se disputent la couronne de la société la plus lucrative et la plus hégémonique, un match aisément remporté par Marvel... Tout du moins pour le moment... 
Parmi les productions les plus éloquentes, les thuriféraires n'omettront pas de stipuler des oeuvres telles qu'Iron Man (Jon Favreau, 2008), Watchmen, les gardiens (Zack Snyder, 2009), The Dark Knight (Christopher Nolan, 2008), Spider-Man (Sam Raimi, 2002), X-Men - Le Commencement (Matthew Vaughn, 2011), ou encore Logan (James Mangold, 2017).

Après vingt ans de bons et loyaux services au sein de Marvel ou de DC Comics, que faut-il retenir de cette profusion de super-héros sur nos écrans ? Réponse, pas grand-chose ou alors peu ou prou, tout du moins des pellicules analogiques qui tentent de coaliser un large public, soit de 7 à 77 ans. Mieux, nos justiciers dotés de pouvoirs faramineux (à l'exception de Batman et d'une petite poignée d'irréductibles...) ont formé des ligues pour lutter contre les forces du mal, le tout avec l'assentiment de la scène internationale et surtout de l'Oncle Sam. Le premier Avengers (Joss Whedon, 2012) a triomphé dans le monde entier et devait inéluctablement se muer en une franchise opulente et mercantiliste. Que ce soit Avengers - L'ère d'Ultron (Joss Whedon, 2015), Avengers - Infinity War (Anthony et Joe Russo, 2018), ou encore Avengers - Endgame (Anthony et Joe Russo, 2019), tous ces chapitres consécutifs corroboreront l'omnipotence de Marvel sur l'univers des super-héros.

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Que soit. Sévèrement effarouché, DC Comics répondra de façon timorée avec le piètre Justice League (Zack Snyder, 2017), un blockbuster plantureux (pléonasme...) et condamné à dépérir dans les affres de la désuétude. Marvel peut dormir placidement sur ses deux esgourdes. Il n'a rien à craindre - ou presque - de son plus farouche adversaire. Mais Marvel doit veiller à son édifice, désormais chancelant et menacé par une autre firme potentat, Walt Disney "himself". Après avoir racheté les droits de la saga Star Wars, la société fastueuse a pour velléité de préempter l'univers des super-héros. 
Dans cette série de rixes et de martialités, ce registre cinématographique a vu la gente féminine se regimber contre le (pseudo) diktat du patriarcat. Ainsi, Captain Marvel (Ryan Fleck et Anna Boden, 2019), Wonder Woman (Patty Jenkins, 2017), Catwoman (Pitof, 2004) et autres Elektra (Rob Bowman, 2005) épousent les rudiments et les linéaments de la doxa féministe.

Puis, les super-héros ont obliqué vers davantage d'irénisme et d'oecuménisme en renâclant vers l'aspect communautaire. Preuve en est avec des longs-métrages tels que Black Panther (Ryan Coogler, 2018), Blade (Stephen Norrington, 1998), Hancock (Peter Berg, 2008), ou encore l'inénarrable Meteor Man (Robert Townsend, 1993). Toutes ces pellicules ont pour aspérité de vanter les prouesses et les mérites de la communauté Afro-Américaine au nom du pacifisme, du multiculturalisme et du "vivre ensemble". Oui, nonobstant certains apparats matois et des films à priori inoffensifs, se tapit une idéologie sous-jacente. Bien sûr, les super-vilains se devaient eux aussi de rétorquer, voire de transparaître dans cette kyrielle de productions peu ou prou analogiques. 
Récemment encore, ce sont Venom (Ruben Fleischer, 2018) et Joker (Todd Phillips, 2019) qui ont conquis - au moins pour le deuxième - les ferveurs d'un public extatique.

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Puis, de temps à autre, Marvel poursuit son classicisme formel. Preuve en est avec Iron Man 3, réalisé par la diligence de Shane Black en 2013. Pas facile de succéder aux deux premiers chapitres. Pour souvenance, le premier Iron Man se polarisait sur les multiples possibilités d'une amure technologique et martiale. Le premier film pouvait également escompter les innombrables facéties de Tony Stark. Pour incarner ce personnage philanthrope, Marvel avait trouvé le comédien idoine en la personne de Robert Downey Jr. A l'instar de ses auguste antécesseurs, Iron Man 3 peut s'enhardir de critiques élogieuses. Toutes, sans exception, saluent et encensent ce nouvel effort. 
A contrario, on relate tout de même quelques contempteurs qui fustigent une production galvaudée et aseptisée.

Reste à savoir si cette troisième livraison mérite - ou non - qu'on s'y attarde. Réponse à venir dans les lignes éparses de cette chronique... Quant à Shane Black, le réalisateur et scénariste américain est solidement ancré dans le cinéma hollywoodien, surtout en tant que cacographe. En tant que cinéaste, on lui doit seulement quatre films (en comptant Iron Man 3) : Kiss Kiss Bang Bang (2005), The Nice Guys (2016) et The Predator (2018). Au niveau du casting d'Iron Man 3, peu ou prou de surprises. Evidemment, Robert Downey Jr. répond doctement à l'appel et revêt de nouveau les oripeaux du milliardaire Tony Stark. Viennent également s'additionner Gwyneth Paltrow, Don Cheadle, Ben Kingsley, Guy Pearce, Rebecca Hall, Jon Favreau, Stephanie Szostak, James Badge Dale, William Sadler, Miguel Ferrer, Ty Simpkins, Dale Dicky et la présence de Mark Ruffalo dans un caméo.

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Attention, SPOILERS ! Tony Stark, l’industriel flamboyant qui est aussi Iron Man, est confronté cette fois à un ennemi qui va attaquer sur tous les fronts. Lorsque son univers personnel est détruit, Stark se lance dans une quête acharnée pour retrouver les coupables. Plus que jamais, son courage va être mis à l’épreuve, à chaque instant. Dos au mur, il ne peut plus compter que sur ses inventions, son ingéniosité, et son instinct pour protéger ses proches. Alors qu’il se jette dans la bataille, Stark va enfin découvrir la réponse à la question qui le hante secrètement depuis si longtemps : est-ce l’homme qui fait le costume ou bien le costume qui fait l’homme ?   
Certes, avec Iron Man puis Iron Man 2, la franchise avait dévoilé des argumentaires plutôt perspicaces. Cependant, la suite n'était pas exempte de tout grief.

On relevait parfois même quelques digressions. Par exemple, était-il absolument opportun de faire uriner Tony Stark dans son armure ? Pas vraiment... Ensuite, il manquait encore un "bad guy" capable d'inquiéter, voire même de faire ciller l'armure "indestructible" (ou presque) de notre preux milliardaire. Enfin, la saga peut s'enorgueillir d'un vrai super-vilain en la personne du Mandarin. Inutile alors de préciser qu'Iron Man 3 partait sous les meilleurs auspices. Hélas, les espoirs sont rapidement dissipés puisque notre individu retors et acariâtre est presque totalement évincé par un scénario en mode tautologique. A l'instar de ses glorieux aînés, Iron Man 3 s'enchevêtre - derechef - sur la même ritournelle.
Tony Stark continue d'ergoter et s'atermoyer sur les mêmes introspections. 
Qui est l'homme derrière l'armure, s'interroge inlassablement le richissime trublion.

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Seul bémol et pas des moindres, la franchise nous avait déjà fait part de ces susdites introspections dans les deux premiers volets. Certes, faute de véritable enjeu, Iron Man 3 peut au moins s'enhardir de saynètes spectaculaires. Sur ce dernier point, ce troisième chapitre remplit doctement son office, mais c'est hélas tout ce qu'il y à retenir de cet épisode censé se clore en apothéose. A vrai dire, on était ravi de voir débarquer le Mandarin dans cette troisième aventure. Or, force est de constater que le forcené est sous-exploité, reléguant le pauvre Ben Kingsley à jouer les intercesseurs. Dans cette série de belligérances, la jolie Pepper Potts (Gwyneth Paltrow) écope de pouvoirs faramineux, soit autant de digressions qui feront dessiller les fans de la première heure.
Autant l'annoncer sans ambages. Iron Man 3 est sans doute l'épisode le plus faible de la trilogie. Reste quelques séquences érubescentes (en particulier les vingt dernières minutes, en mode paroxystique) pour sauver ce troisième opus d'une certaine monotonie ambiante.

 

Note : 09/20 

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